Dans la Vallée de l’Ombre de la Mort (Kirk Mitchell)

Le roman se déroule aux Etats-Unis, entre 1862 et 1864, en pleine guerre de Sécession.
Un médecin militaire, Simon Wolfe, ayant perdu un bras lors d’une bataille précédente, doit tour à tour organiser les structures d’accueil des soldats blessés et en même temps trouver qui est à l’origine des meurtres de Dunkers (civils d’origine allemande appartenant à une obédience religieuse chrétienne qui leur interdit le combat).
Cette intrigue donne l’occasion à l’auteur de nous décrire différents tableaux assez sombres de l’Amérique dans cette période sanglante.
Les Sudistes crèvent de faim et survivent tant bien que mal.
Les Nordistes progressent dans les Etats confédérés et leurs officiers sacrifient le sang des soldats sans y regarder à deux fois.

Comme lors des campagnes napoléoniennes dont j’ai parlé dans d’autres articles, les victimes des armes se comptent par centaine de milliers. Les membres sont arrachés par les balles Minié, les conditions d’hygiène font mourir les hommes dans les bivouacs de fortune construits près d’anciennes latrines creusées à même la terre.
Simon Wolfe, le héros, est originaire du Sud. C’est un juif allemand. Son père est le ministre de la Guerre des Etats confédérés. Le père et le fils sont donc  » ennemis « .
Les diverses rencontres que fera le médecin, dont celle avec une très belle femme Dunker, permettront progressivement de comprendre pourquoi l’on assassine une certaine catégorie de la population, en dehors de tout lien belliciste.
Deux personnages du roman sont des cas psychologiques lourds et l’on voit ainsi que la psychiatrie commence aussi à prendre une part importante dans la médecine outre-Atlantique.
Le statut de médecin, sudiste de naissance mais devenu nordiste par choix, fait qu’il sera épargné de la pendaison par les rebelles de Mosby. Son courage personnel et sa mission d’enquêteur lui donneront le respect et la liberté de mouvements qui l’aideront à comprendre les meurtres. C’est surprenant, triste, magnifiquement écrit.

J’ai un peu buté sur le style de l’auteur (ou du traducteur) au début. C’est vrai que je passe d’un écrivain à l’autre, d’un livre à l’autre. Il faut se déshabituer du dernier lu pour entrer dans l’écriture du suivant. Cela ne se fait pas si facilement sur 600 pages. C’est une gymnastique toujours difficile au début. Surtout quand un auteur est supérieur à l’autre.
Mais dans ce roman, on a affaire à un grand écrivain. Ca se sent, ça s’apprécie.

Ma pauvre connaissance des Etats-Unis s’est faite en partie par deux livres :  » Les Américains  » d’André Kaspi (passionnant) et l’excellentissime  » Une Histoire populaire des Etats-Unis  » de Howard Zinn. S’il y avait un livre à garder près de soi dans son île déserte, ce serait ce dernier livre. Ce fut un choc, une révélation, un monument.

Parce qu’un pays c’est aussi sa littérature romanesque, j’ai maudit  » Moby Dick  » qui m’a fait hurler de douleur en me forçant à le lire jusqu’au bout. Je n’ai pas aimé, j’ai souffert à le lire. Trop de références religieuses ; autant lire la Bible. Et pourtant, dans ce livre, il y a l’un des passages les plus beau que j’ai lu, d’une sensualité extraordinaire.
Enfin, mes auteurs américains préférés, Steinbeck et Tennessee Williams. C’est beau. Leurs histoires sont magiques, poétiques, touchantes, merveilleuses.
Le cinéma, eh bien tout le monde connaît. S’il y avait un film, ce serait :  » La Porte du Paradis  » de Michaël Cimino. Des acteurs superbes, une histoire difficile, une œuvre magnifique qui devrait être mieux connue.
C’est pour de tels bonheurs que je viens de citer, que je n’aime pas la critique systématique que l’on fait à l’égard des américains. Il y a aux Etats-Unis des gens admirables et l’on ne doit pas mettre dans un même panier, George W Bush et le reste de la population américaine. Certaines personnes savent aussi réfléchir outre-Atlantique.

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