Raisons d’Etat (2006) Robert de Niro

août 19, 2007 par unblogdeplus

J’ai vu le film avant de lire ” La Compagnie ” de Robert Littell dont je parle dans un autre article.

Ce qu’il y a d’appréciable dans ce film, c’est qu’il n’est pas précipité. On prend son temps pour exposer la trame de l’histoire. 2H47 de traque.

Le choix de Matt Damon, même s’il m’horripile, est très judicieux. C’est un acteur plat, sans aspérités, sans charme, sans rien. En faire un espion qui se noie dans la foule est d’autant plus facile et crédible. Un beau garçon à la manière des James Bond me fera toujours sourire. Comment être discret dans une enquête d’espionnage en étant le plus beau de la classe et donc repérable à cent lieues à la ronde.

Dans son petit imperméable étriqué, le rôle va comme un gant à Matt Damon. On lui colle une épouse qui est censée être Whasp et de bonne famille, le physique plutôt hispanique d’Angelina Jolie me laisse sceptique quant à son choix dans le casting. Mais j’ai peut-être loupé une subtilité.

Heureusement, le reste du prestigieux casting est vraiment à la hauteur de mes espoirs : de Niro, Turturro (magnifique, excellent, beau tout simplement), le très grand William Hurt (qui avait été choisi dernièrement dans une apparition magnifique chez Cronenberg  et son ” History of Violence “), une très bonne actrice allemande (qui monte qui monte) Martina Gedeck, enfin Alec Baldwin et le très beau Billy Crudup.

Donc un casting somme toute très correct et une histoire passionnante. Malgré la longueur du film, je ne m’y suis pas ennuyé une seconde et j’y ai pris beaucoup de plaisir. raison-detat.jpg

Joe Strummer : The Future Is Unwritten (2007) Julien TEMPLE

août 19, 2007 par unblogdeplus

The Clash… Groupe de rock’n roll incontournable pour ceux qui se sont un peu intéressés au mouvement Punk. Le documentaire est intéressant et montre bien les motivations de Joe Strummer pour être présent sur la scène. Même s’il n’était pas exempt de défauts, c’était un homme qui voulait changer les choses par les paroles de ses chansons et son engagement sur le terrain médiatique et musical.

Quand j’étais adolescent, je ne percevais que de la contestation dans ce groupe (et les autres groupes de musique punk). Ce reportage me confirme qu’il y a eu contestation d’un système mais aussi une réflexion plus poussée sur la société dans laquelle vivait Joe Strummer. Ce dernier a été tiraillé entre le ” star system ” qui l’enrichissait et ses convictions de partage des richesses entre tous les êtres humains. Dilemme insoluble, sauf dans la drogue et la destruction de soi.joe-strummer.jpg

Persepolis (2005) Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD

août 19, 2007 par unblogdeplus

Petit tour en Iran et en Autriche par la bande dessinée portée à l’écran avec beaucoup de talent.

Marjane Satrapi raconte sa vie et celle de sa famille. C’est un langage direct, sans fioritures ni pathos. L’histoire que raconte l’héroïne ne commence pas sous la dictature des mollahs. L’Iran n’a malheureusement pas commencé à souffrir sous leur règne.

C’est une critique de la société iranienne certes mais en même temps la découverte de la vie pour cette petite fille qui grandit dans un monde terrible. Même lorsqu’elle sera en Autriche, en exil, elle vivra des moments pénibles et elle manquera y perdre sa vie.

La grand-mère de Marjane est une adorable femme qui ne s’en laisse pas compter et qui peut-être est à l’origine de la force de caractère de notre héroïne. Ce dessin animé est un chef-d’oeuvre d’intelligence et de liberté.18761633.gif

La Compagnie – Le grand Roman de la CIA (Robert LITTELL)

août 19, 2007 par unblogdeplus

Roman d’espionnage, il se boit comme du petit lait. Les pages défilent à une vitesse extraordinaire (il y en a 1222) ; elles sont passionnantes et riches en rebondissements.

Je suis tout de même déçu par la fin du roman, car l’auteur fait mourir tous les espions pro-russes. Il y a du manichéisme qui m’énerve vraiment : le bien a fini par triompher du mal. C’est réducteur et basique.

Les passages surprenants sont ceux où Jack Kennedy et Ronald Reagan sont mis en scène.

Même si ce n’est qu’une fiction, nous plongeons dans la vraie histoire et cette piqûre de rappel sur les événements de la guerre froide n’est pas inutile.

Les héros sont attachants.

La traductrice a très bien travaillé, peut-être est-ce l’écriture de Robert Littell qui est d’une grande clarté en langue anglaise ?la-compagnie.jpg

Carmen (Georges BIZET)

août 16, 2007 par unblogdeplus

Ecouté en fond sonore.

Le style de Karajan est lourd, les chanteurs ne m’ont pas fait vibrer.C’est très moyen selon mon opinion de néophyte.

Je préfère la version avec Victoria de Los Angeles (qui n’est pas filmée, malheureusement). C’est beaucoup plus vivant quand l’oeuvre est dirigée par Thomas Beecham, voire par Claudio Abbado avec Teresa Berganza.carmen.jpg

Adolphe – Benjamin Constant (1767-1830)

juillet 21, 2007 par unblogdeplus

Adolphe

Une langue française magnifique, une histoire triste mais qui ne me semble pas cynique.  Voilà les deux passages que j’ai notés :

” Les six mois que m’avait accordés mon père étaient expirés ; il fallut songer à partir. Ellénore ne s’opposa point à mon départ, elle n’essaya pas même de le retarder , mais elle me fit promettre que, deux mois après, je reviendrais près d’elle, ou que je lui permetrais de me rejoindre : je le lui jurai solennellement. Quel engagement n’aurais-je pas pris dans un moment où je la voyais lutter contre elle-même et contenir sa douleur ! Elle aurait pu exiger de moi de ne pas la quitter ; je savais au fond de mon âme que ses larmes n’auraient pas été désobéies. J’étais reconnaissant de ce qu’elle n’exerçait pas sa puissance ; il me semblait que je l’en aimais mieux. Moi-même, d’ailleurs, je ne me séparais pas sans un vif regret d’un être qui ne m’était si uniquement dévoué. Il y a dans les liaisons qui se prolongent quelque chose de si profond ! Elles deviennent à notre insu une partie si intime de notre exitence ! Nous formons de loin, avec calme, la résolution de les rompre ; nous croyons attendre avec impatience l’époque de l’exécuter : mais quand ce moment arrive, il nous emplit de terreur ; et telle est la bizarrerie de notre coeur misérable, que nous quittons avec un déchirement horrible ceux près de qui nous demeurions sans plaisir ” .

” Je la quittai : je ne rentrai qu’avec tous ses gens pour assister aux dernières et solennelles prières. A genoux dans un coin de sa chambre, tantôt je m’abîmais dans mes pensées, tantôt je contemplais, par une curiosité involontaire, tous ces hommes réunis, la terreur des uns, la distraction des autres, et cet effet singulier de l’habitude qui introduit l’indifférence dans toutes les pratiques prescrites, et qui fait regarder les cérémonies les plus augustes et les plus terribles comme des choses convenues et de pure forme ; j’entendais ces hommes répéter machinalement les paroles funèbres, comme si eux aussi n’eussent pas dû être acteurs un jour dans une scène pareille, comme si eux aussi n’eussent pas dû mourir un jour. J’étais loin cependant de dédaigner ces pratiques ; en est-il une seule dont l’homme, dans son ignorance, ose prononcer l’inutilité ? Elles rendaient du calme à Ellénore ; qu’elles l’aidaient à franchir ce pas terrible vers lequel nous avançons tous , sans qu’aucun de nous puisse prévoir ce qu’il doit éprouver alors. Ma surprise n’est pas que l’homme ait besoin d’une religion ; ce qui m’étonne, c’est qu’il se croie jamais assez fort, assez à l’abri du malheur pour oser en rejeter une : il devrait, ce me semble, être porté, dans sa faiblesse, à les invoquer toutes ; dans la nuit épaisse qui nous entoure, est-il une lueur que nous puissions repousser ? Au milieu du torrent qui nous entraîne, est-il une branche à laquelle nous osions refuser de nous retenir ” ?

A History of Violence (2004) David Cronenberg

juillet 21, 2007 par unblogdeplus

A History of Violence

Je n’avais pas trouvé le film très intéressant à sa sortie au cinéma. A cette deuxième projection, je suis tout aussi désenchanté. Seules les toutes premières scènes sont esthétiquement belles et prometteuses.

L’actrice dit ” O my god ! ” au moins dix ou quinze fois, j’en viens à haïr cette expression typiquement américaine qu’il m’arrive d’employer contré mon gré.

Les tueurs et mafieux sont sans doute les personnages les plus beaux et troublants du film.

Le Clan (2004) Gaël Morel

juillet 21, 2007 par unblogdeplus

Le Clan

Les garçons sont très beaux, mais on ne fait pas un bon film avec seulement cela. Au début, on dirait presque un mauvais film X homosexuel. Puis, progressivement, on arrive cahin-caha  à avoir de la matière. Gaël Morel n’est pas fait pour la réalisation.

Je n’arrive même pas à être triste.

mai 6, 2007 par unblogdeplus

A vouloir faire la maîtresse d’école et flatter le centre mou de la république, elle vient de se planter sérieusement.
J’ai cru, avec le candidat Bayrou, voir l’ère Giscard d’Estaing revenir. Nous en sommes loin pour le moment, ouf…
Les législatives arrivent et je pourrai enfin voter selon ce qui devient progressivement ma conviction la plus profonde. A voir comment elle a droitisé la gauche, je vais décaler mon option politique à gauche de ce qu’elle aura voulu.
C’est une tâche ardue que celle d’être présidentiable et quand ils se regardent devant la glace après avoir dit tant de conner***, je suppose qu’ils doivent se sentir vraiment stupides. En tout cas, le nouveau président pourra apprendre comment calculer l’énergie produite et consommée en France et combien de sous-marins nucléaires nous possédons en ce moment. Il n’a que la rue à traverser pour connaître ses dossiers sur le bout des ongles.
Il sera un très bel exemple d’intégration que l’on pourra montrer aux futurs immigrés que la République française voudra bien régulariser.
Les dés en sont jetés et mes votes ségolénistes sans conviction n’ont pas servi à grand chose.

Angel (2006) François Ozon

mars 21, 2007 par unblogdeplus

Angel c’est un peu ce qui arrive à celui ou celle qui a du talent, qui est persuadé d’avoir raison et qui persévèrera dans la voie qu’il/elle s’est tracé(e). Si sa vie permet vraiment de suivre son art ou sa vocation.
Je pense au parcours de François Ozon quand j’écris cela. Il a certainement bataillé pour faire admettre son Sitcom (1997), qui reste une oeuvre dérangeante et si surprenante.
Je pense aussi à Michel Houellebecq et à ses débuts : venant de nulle part, il arrive sur le marché du livre comme un coup de tonnerre, devient une diva médiatique, puis se terre dans son ” Paradis ” irlandais, loin de tout et du monde parisien qui l’adule ou le déteste.

” Angel ” commence comme un conte de fées et c’est bien là que l’on reconnaît Ozon (cf. Les Amants criminels - 1998), avec son goût du kitsch, des petits oiseaux, des biches…
Cette jeune fille est persuadée d’avoir du talent, le feu sacré. Elle écrit sans avoir lu ; quand on lui demande quelles sont ses références littéraires, elle répond qu’elle ne lit pas. Tout vient de son imagination, qu’elle a fertile. Elle est capable d’imaginer des pays et des personnages sans les avoir visités ou rencontrés. Ecrit-elle ses réminiscences ?
Elle offre certainement un beau cas clinique, car elle fait partie de ces enfants qui pensent ne pas être le fruit des oeuvres sexuelles de leurs parents. Elle est issue de la cuisse de Jupiter, mais pas de cet appartement situé au-dessus de l’épicerie du petit village.
Nous ne pouvons qu’être ulcérés quand l’institutrice refuse la rédaction de sa jeune élève, que celle-ci lit tout haut devant la classe ; son écrit n’est pas la réalité de sa vie mais il sort tout droit de l’imagination dont elle fait preuve.

Puis le scénario nous raconte sa vie de nouvelle Barbara Cartland : elle renie ses origines sociales, achète un château qui s’appelle ” Paradise “, se marie par amour avec un fils de l’aristocratie anglaise, subjugue la soeur de ce dernier. Cette soeur qui lui dévouera sa vie en soutenant sa cause et en essayant de garantir son bien-être.
Le roman à l’eau de rose qui prend vie dans ce film n’est pas semé seulement de pétales inoffensifs ; il y a des épines coriaces : mort de sa mère (qu’elle a un peu abandonnée), fausse couche, départ du mari à la guerre (décidément thème récurrent en ce moment, cf. Lady Chatterley), puis son retour dans un corps meurtri.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à Scarlett O’Hara et à toutes ses misères. Mais celle-ci est plus une victime de sa propre vie, alors qu’Angel semble plus mûre et sa détermination dans l’écriture lui fait déplacer des montagnes.

Mais son don d’écrivaine est-il une supercherie ? Elle a du talent certes et elle reste proche de l’attente des femmes de ce temps-là. Quand elle change de sujet et probablement de style, ses lectrices l’abandonnent. Elle n’en a cure, jusqu’au moment où son mari a besoin d’argent. Là, elle se met à rédiger un roman par amour, selon ce qui auparavant avait fait son succès dans les librairies. On voit, dans cet instant particulier, qu’elle maîtrise son art et son public. N’a-t-elle donc pas, dès son premier livre, vécu sa vocation d’écrire comme un moyen de se sortir de son humble condition sociale et non comme un besoin irrépressible de dire les choses qu’elle avait sur le coeur ? En cela, nous comprenons pourquoi ses romans n’auront pas de postérité après sa mort. Même si sa création n’est pas si mauvaise, elle n’est pas suffisamment personnelle pour durer dans le temps. Elle est alimentaire. Elle n’aura pas révolutionné la littérature.

L’actrice est surprenante, envahissante. Je ne l’ai pas reconnue (elle a joué dans Scoop de Woody Allen). Elle m’a fait penser à Bernard Giraudeau dans Gouttes d’Eau sur Pierres brûlantes (1999) : monstre de volonté qui fait plier tout le monde devant ses désirs.
Je ne suis donc pas d’accord avec l’avis d’un gaïen qui disait que ce film est un produit commercial (et donc plutôt mauvais). J’en veux pour preuve que dans la grande salle de cinéma où nous étions, il n’y avait pas beaucoup de monde, sauf bien sûr quelques femmes entre elles.