Archive de la catégorie «Théâtre»

Perthus (Jean-Marie Besset) Théâtre du Rond-Point

octobre 12, 2008

A la fin de la représentation, une fois le rideau tombé, chaque enfant embrasse sa mère et, dans l’aller-retour entre les coulisses et la scène afin de recevoir les applaudissements du public, on peut voir des gestes d’affections (est-ce encore du théâtre ou la réalité affective ?) entre les acteurs.

Une scène avec des chaises de salle de classe surdimensionnées, une estrade. Voilà le décor de la pièce. C’est sobre mais modulable et adaptable aux situations.

Deux jeunes (et jolis garçons) sont les prunelles des yeux de leurs mères. L’un est un élève modèle (bon en mathématiques), l’autre est bon en français. Ils complètent leurs connaissances mutuelles en se fréquentant assidûment afin d’obtenir leur baccalauréat.

Qui dit fréquentation assidue, dit interrogations de l’entourage à propos des liens qui les rapprochent. Ni l’un ni l’autre n’ayant de petites amies, les mères s’en inquiètent et forcent le destin de leurs progénitures.

Les mères sont d’autant plus proches de leurs fils, qu’elles n’ont plus l’affection ou l’amour physique de leurs maris. Délaissées ou jamais aimées, leur seul bonheur, leur seul but sont ceux de veiller à la réussite des fruits de leurs entrailles. Elles ont mis au monde en souffrant des dieux et elles veulent qu’ils soient leurs réussites terrestres. Quitte à refuser la liberté de choix de leurs enfants et en imposant leurs vues sur les manières de conduire sa vie.

Même si le texte n’est pas une grande oeuvre littéraire, les acteurs arrivent à nous convaincre et jouent magnifiquement leurs rôles. Le thème est touchant et l’émotion passe.

Quand le rideau tombe, les enfants embrassent leurs mères respectives, à ce moment-là je me souviens que les femmes que j’ai devant moi sont jouées par des hommes. Je l’avais oublié… L’homme est une femme comme les autres.

Frissons… ” Les Bienveillantes “, ” Le Bourgeois Gentilhomme “, Beethoven et Furtwängler.

mars 4, 2007

Hier soir, j’ai fini de lire ” Les Bienveillantes ” de Jonathan Littell : le frisson est, comme d’habitude, venu me caresser le dos à la dernière page du livre. C’est fréquent chez moi quand je termine la lecture d’un bon roman. Je le sens venir progressivement et, tout d’un coup, il monte progressivement. C’est l’un de mes plus grand plaisir, même si je suis très souvent triste de quitter un auteur qui m’a donné autant de joie.
Ce matin, un ” Bourgeois Gentilhomme ” de Molière sur Arte : j’ai beaucoup ri et ne me lasserais jamais de lire, entendre, voir Molière. Je suis français de naissance et c’est celui que je préfère de tout le théâtre de France. Si j’étais né en Angleterre, je lui préfèrerais certainement Shakespeare, que j’adore aussi.
C’était une excellente interprétation et je remercie ces comédiens de m’avoir tant amusé au lever du lit.

Nouveau frisson ” à cause de ” Furtwängler ou Beethoven, ou l’alliance de ces deux hommes.
Les ” Bienveillantes ” se passant en partie à Berlin, rien ne vaut donc un détour dans les oeuvres interprétées par Furt pendant les années de guerre avec le Berliner Philharmoniker ou le Wiener Philharmoniker (oct.1940-dec.1944).

Quel gâchis d’avoir mis à feu et à sang la plus grande partie du monde pour une idéologie stupide et monstrueuse !

Torch Song Trilogy (Harvey Fierstein) au vingtième théâtre à Paris

novembre 10, 2006

Je ne me souvenais que très vaguement du film de Paul Bogart (1989).

La pièce est correctement jouée, j’imagine tout de même des acteurs un peu plus dynamiques sur scène. Ce manque de mouvement et de vie rend la première partie de la pièce un peu soporifique.
Heureusement que la deuxième partie se réveille un peu et que la mère d’Arnold agite un peu tout ce monde-là.
Quoiqu’il en soit, c’est une excellente pièce qui parle franchement de l’homosexualité et de la représentation que quelques personnes se font de cette sexualité extra-ordinaire.
De beaux garçons parmi les acteurs permettent de se faire plaisir aux yeux.

Petit moment d’émotion quand je vois dans le public qui attend d’entrer dans la salle, une collègue de travail… si elle avait des doutes sur moi, à la sortie de la pièce elle n’en aura plus. Croisé aussi un ex-amant en sortant de la station de métro Gambetta et une autre connaissance dans le public. Paris n’est pas fait pour vivre anonymement^^

Les Amazones

juin 24, 2006

Petite soirée théâtre pendant le match France-Togo hier soir. Avec un gaïen, nous avons vu ce spectacle très drôle où trois femmes en ont assez des hommes et deux garçons vont tomber amoureux.
L’une des actrices est à tomber à la renverse et à se rouler parterre. Elle à des tenues à la Ab Fab et la voix d’une harengère du meilleur tonneau. C’est de la folie.

Vraiment, si vous êtes tristes ou en manque d’idées sorties, n’hésitez pas.

PS j’y suis retourné la semaine dernière et les acteurs étaient encore plus déjantés que la première fois et j’y ai tout autant ri. Cela devient presque un classique pour moi maintenant… (ajout du 25nov2006).

La Locandiera (Goldoni)

avril 2, 2006

France4 nous a présenté en direct jeudi dernier 30 mars 2006 une pièce de Carlo Goldoni (1707-1793) qui m’a beaucoup amusé.
Une aubergiste veut tous les hommes à ses pieds et se joue d’eux. Elle rendra fou amoureux un homme qui ne veut pas de ses bonnes grâces.
A force de subterfuges et de concurrence entre les quatre hommes présents dans sa maison, avec l’aide d’un valet et de deux actrices qui jouent les mondaines, Mirandolina (la patronne de l’auberge) arrive à ses fins.
Mais son coeur va à son cuisinier et non aux ors de la noblesse.
C’est un jeu dangereux mais tout le monde s’en sortira plus ou moins bien à la fin de la pièce.
Cette soirée passée avec Cristina Reali, vraiment très fraîche et piquante et aussi très belle, m’a beaucoup plu. Les autres acteurs étaient aussi très bons, bien que la prise en direct leur a à tous donné un trac encore plus difficile à maîtriser.

Dans cette pièce, nous pouvons voir à l’œuvre ce fameux ” désir triangulaire ” cher à René Girard. Ce désir mimétique qui fait marcher le monde : je ne veux pas de cet objet, mais comme un autre le veut, je ne peux pas lui en laisser l’exclusivité. D’où mon implication dans ce jeu de séduction et de désir d’appropriation.
Mettez un homme laid dans un endroit, faites-le draguer par et sortir avec le plus beau garçon du lieu et vous aurez immédiatement des garçons qui seront intrigués et captivés par ce laideron. Et peut-être même se battront-ils pour avoir l’honneur de sortir avec lui. La curiosité aidant et surtout ce moyen détourné de coucher avec celui qui a eu le plus beau mec de la soirée. Le plaisir par procuration… J’adore ce concept.
Les moutons de Panurge seront toujours les gogos de l’histoire. Un petit tour chez Rabelais est toujours salutaire pour les zygomatiques.

A ce propos, si vous voulez voir une merveille cinématographique qui n’a pas pris une ride, procurez-vous le film ” Molière ” de Mnouchkine (1976). C’est long mais c’est un monument de beauté, de vérité, de théâtre, de liberté. Goldoni a beaucoup appris de notre Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673).
Mes pièces préférées de mon grand Molière sont le ” Tartuffe ” et le ” Misanthrope “.