Le week end dernier, j’ai enfin retrouvé le disque compact des concertos pour violoncelle de Joseph Haydn, qui s’était glissé dans un boîtier d’oeuvres de Schubert. Je suis en train de l’écouter : c’est une merveille et je suis aux anges ! Cela faisait un an que je le cherchais un peu partout.
Je suis rentré du travail tout à l’heure complètement fourbu et ayant un début de rhume. Nez qui coule et voix commençant à être cassée. Mauvais présages pour les prochains jours…
Dans cet état, je pensais me reposer et lire, mais j’ai eu la mauvaise idée d’aller directement dans mon grenier, sans m’être changé. Evoluer dans la poussière en pantalon de flanelle, chemise manches mousquetaires avec boutons de manchette, bretelles et pull mérinos : tenue idéale pour remuer les cartons et passer plus d’une heure à retourner mes trésors accumulés.
Le motif était de remettre la main sur un ” Emile Verhaeren ” écrit par Stefan Zweig, que j’avais promis de prêter, il y a quelques mois déjà, à l’une de mes collègues de travail. Ouvrir les cartons après leurs quelques années d’exil au-dessus de ma tête ; j’y ai retrouvé des livres dont je ne me souvenais plus. Heureusement que, pour certains, j’avais décidé de noter sur la première page la date à laquelle je les avais finis et y inscrivais au crayon de papier mon appréciation d’ensemble en quelques lignes
J’ai ri en découvrant que j’avais conservé le journal Les Echos pour la période 1998-1999. On y parle de passage à l’euro, du baril de pétrole à 10 U$D, de Jospin qui écarte la baisse immédiate du Livret A, de la baisse des taux d’intérêts à Wall Street, des fusions bancaires françaises, de la dévaluation du real brésilien et de sociétés qui ont toutes changé de noms depuis… que c’est loin tout cela pour moi.
J’y ai retrouvé aussi mes Jouhandeau édités chez Gallimard qui m’ont tant fait rire, j’ai même redescendu (un comble !) un cardinal de Retz en La Pléiade qui dormait tout seul. Le manque de place dans mon petit appartement me fait laisser loin de moi les pièces de théâtre de Bertolt Brecht. J’en suis vraiment bien triste, mais il y a un choix à faire pour ne pas se laisser envahir. J’ai pourtant fabriqué une étagère au mois de novembre ou j’ai pu caser environ deux cents livres dans mon entrée, mais ce ne sera jamais suffisant pour les avoir tous à disposition immédiate.
Dans mes ” retrouvailles “, il y a aussi mes ancêtres que je pensais perdus à jamais. Les quelques actes de naissance, de mariage, de décès de ma famille. Je vais pouvoir y jeter un œil neuf et peut-être reprendre ce que j’avais commencé il y a plus de 15 ans.
Toutes ces belles et bonnes choses m’ont redonné la pêche et je suis heureux ce soir d’avoir fait un beau voyage dans mes souvenirs.