Archive de la catégorie «Expositions»

Musée de l’Orangerie

juillet 8, 2006

La réouverture du musée était quelque chose que j’attendais depuis quelques années.
En premier lieu, parce qu’elle permet la liberté de circulation dans une partie du jardin des Tuileries sur les bords de Seine où je vais lire de temps en temps, les soirs d’été, pour fuir les cris du foot par exemple.
En deuxième lieu, parce qu’il y a une belle concentration de peintures de Chaïm Soutine.
Un généreux gaïen m’a fait le plaisir de couper la file d’attente des nombreux touristes et de m’accompagner dans la redécouverte du musée depuis les travaux de rénovation/réhabilitation de cet édifice vieillissant, surtout connu pour les deux grandes salles hébergeant les Nymphéas de Claude Monet.
Première vue d’ensemble du bâtiment restauré et réaménagé : de l’extérieur, le bâtiment n’est pas laid, les verrières s’intègrent bien dans le paysage. C’est propre et net, j’aime beaucoup.
En revanche, dès que l’on entre, c’est une autre histoire. Les deux cubes de bétons sont moches. Rien de beau ou d’esthétique. Vraiment très grosse déception. On dirait les cabines d’habitation d’un supertanker.
Au bas des marches, le béton règne partout, la rampe d’escalier est minable, une enfilade de tableaux sans harmonie, sans beauté d’ensemble.
Il manque de la chaleur et de l’inventivité. Eclairage naturel des toiles d’un côté de ce ” couloir ” , éclairage artificiel de l’autre côté ?! Pas d’équilibre d’ensemble.
Le reste des toiles, parallèlement au couloir gris, se trouvent dans une succession de salles en enfilade, dont les murs sont de couleurs peu en harmonie avec les toiles impressionnistes.
Les Soutines ont droit à une salle, c’est vrai, mais je les trouvais beaucoup mieux mis en valeur en haut de l’ancien escalier qui a disparu.
Quant aux salles des Nymphéas, les voiles qui protège de la lumière directe des verrières, ont été collés à la va-vite ; ça déborde et donne une impression minable, très peu esthétique. La petite ouverture du milieu du voile n’est même pas belle et aurait pu trouver une petite touche plus agréable à regarder.
Dommage.

Jean Auguste Dominique INGRES (1780-1867)

avril 17, 2006

Si je n’avais habité la ville de Montauban, peut-être que cet artiste ne m’aurait pas séduit plus que ça.
J’adore pourtant ” le Bain turc ” par sa sensualité, sa succession de plans en perspective, le bel agencement de ces belles femmes nues et alanguies. Une belle lumière, une sérénité.
J’ai toujours l’appréhension d’être déçu par une exposition que l’on dit exceptionnelle (ma plus grand déception ayant été l’exposition Toulouse-Lautrec au Grand-Palais en 1992).
Au musée Ingres, il y a tant d’oeuvres de cet artiste, que j’étais inquiet de ce que cela allait donner au Louvres.
Et bien je découvre certaines oeuvres et j’en retrouve d’autres vues il y a 20 ans.
C’est une belle exposition à voir assurément.
Ce que j’ai pu apprécier, c’est le très beau dessin des visages de toutes ses oeuvres. Une parfaite maîtrise des traits, des expressions. Un coup de crayon, de pinceau minutieux et talentueux.
Autour de ces visages, Ingres mettait des corps. En traits rapides, en courbes presque obligées. Très peu d’angles vifs, tout en souplesse, en délicatesse. Les courbes ont des formes amples et généreuses (les femmes sont plantureuses et délicieuses de chairs blanches et laiteuses).
Les proportions des corps ne sont pas respectées, les bras sont soit trop petits, soit trop grands. C’est vraiment très agréable à regarder ces femmes callipyges.
Il n’y a pas que des nus, bien sûr. Les portraits officiels ont aussi leur très grande qualité et vérité (portrait de Louis François Bertin, de Jean-Pierre Cortot). C’est d’ailleurs riche d’enseignement sur la mode de l’époque et la façon de s’habiller dans la bourgeoisie de la première moitié du 19ème siècle.
Ce n’est pas aussi somptueux que Winterhalter, mais c’est très beau malgré tout.
Le Vœu de Louis XIII est un tableau que j’ai vu dans la cathédrale de Montauban, édifice au demeurant laid et sans intérêt. Il est, dans cette exposition, mieux mis en valeur que dans son lieu d’origine.
Ingres a peint une fresque au château de Dampierre (vallée de Chevreuse, près du château de Breteuil) qu’il faut aller voir, toutes affaires cessantes… j’ai eu un choc en entrant dans ce salon de la Minerve. C’est kitschissime et dégoulinant de mauvais goût mais c’est quand même rigolo à voir (nb. dans le même registre, il faut visiter la maison Pierre Loti à Rochefort, le château du Haut Koenigsbourg en Alsace et surtout la salle de marbre du nouveau palais de Sanssouci à Potsdam).
Si vous allez dans le Sud-Ouest, passez un peu de temps au musée Ingres, c’est un beau bâtiment. Pour ceux qui aime la sculpture, outre Ingres, Bourdelle est, lui aussi, montalbanais. Montauban n’est pas une ville très agréable pour y vivre, mais elle est très jolie. La place Nationale, le Pont Vieux, les bords du Tarn sont de beaux lieux à voir. La brique rose/rouge de la ville en fait un très beau site.

PS. Je parlais de Toulouse-Lautrec ci-dessus. Le musée d’Albi est LE lieu pour voir ce peintre génial. Il est très riche de ses oeuvres. Par la même occasion, la cathédrale Sainte-Cécile est l’une des plus belles que j’ai vues jusqu’à présent. Bon, pour finir, Midi-Pyrénées est une très-très belle région… tout y est beau et les monuments et les très beaux paysages ne manquent pas.

Les Van Blarenberghe, des reporters au XVIIIe siècle

mars 19, 2006

Je me disais bien que j’avais oublié de parler de quelque chose hier soir.
Je suis allé avec un bon copain que j’aime beaucoup faire notre petit tour nocturne du vendredi soir au Louvre. Il y avait un monde incroyable encore à faire la queue dehors à 18h30. A croire que les touristes n’ont rien d’autre à faire que de profiter de la culture mondiale concentrée en cet endroit extraordinaire.
Nous allons habituellement au hasard de nos pas ou en regardant le plan distribué à l’accueil. C’est ainsi que nous sommes passés par le côté des expositions temporaires.
Nous y avons vu “Le Paradis” du Tintoret que j’ai trouvé intéressant dans la manière d’être peint par groupe de personnages. Mais c’est une oeuvre plutôt sombre et loin d’être “paradisiaque”. Peinte presque en même temps que la Réforme luthérienne, les ors et fastes du baroque ne sont pas encore là pour émerveiller les fidèles de la Très Sainte Religion Catholique.
Plus j’admire les tableaux du XV°-XVI° siècle, plus je suis convaincu que ces peintres sont les précurseurs de l’Art Contemporain : leur manière de peindre, de dessiner, de mettre des couleurs sur leurs tableaux est “révolutionnaire” et ne s’apparente en rien avec un désir de reproduction à l’identique de la réalité. C’est une manière subjective de représenter des scènes religieuses quelquefois dégoulinantes de kitsch mais magnifiquement mises en scène, avec un sens de l’harmonie et de la perspective. L’art est géométrique. Il est triangle, courbe, rectangle. Pourquoi n’y ai-je pas pensé quand je souffrais d’ennui devant mes cours de mathématiques !
C’est vrai que l’initiation à la philosophie m’avait déjà montré que si l’on doute, l’on ne peut douter d’une représentation mathématique de l’espace. A moins de sombrer dans la folie et de refuser la rationalité des nombres. Mais il faut en accepter les concepts, théorèmes et définitions.
L’autre exposition temporaire était celle de la dynastie Blarenberghe. Amateurs de miniatures, de tableaux de batailles, de vues de ports maritimes, allez-y ! C’est magnifique ! Je ne me souviens plus des spécificités de chacun des membres de cette famille, mais ils avaient vraiment beaucoup de talent et bien que la disgrâce royale due à la fidélité au duc de Choiseul ait terni l’image de l’un d’eux à la cour de Versailles, ils restent une référence absolue dans le domaine des miniatures. Petites boîtes à tabac que l’on humait pour s’enivrer, de merveilleux objets sur lesquels l’artiste a réussi à peindre des scènes de genre dans un luxe de détails quasi impossible à déceler sans une loupe très grossissante.
L’artiste est très imprégné de l’art des scènes hollandaises (patineurs à glace, par exemple). Mais il y a aussi la représentation en plusieurs scènes de la prise de la Bastille et de la tête perchée au bout d’une pique d’un illustre personnage dont je ne me souviens pas le nom. Tout cela sur un petit support, souvent une tabatière de quelques centimètres de côtés.
Les vues des champs de batailles sont vraiment très intéressantes historiquement. Ce sont des tableaux très bien documentés où l’on peut reconnaître les positions des soldats lors d’une bataille par exemple. Ici, le roi n’est pas le personnage principal. C’est le terrain et la vue d’ensemble qui en sont l’unique sujet. C’est de l’art de la guerre et de sa stratégie reproduits en peinture.
Enfin, la vue des ports, dont celui de Brest, est représenté par quelques gravures ou dessins et tableaux. L’on y voit ce que Brest devait être au 17ème siècle. Un Rochefort disparu aujourd’hui à cause de la guerre. Cela donne envie de se ruiner pour un petit dessin de bretons au port ou de scènes de marché.
Du bel art pictural qui renseigne sur la vie à cette époque. D’où le nom de l’exposition : les Blarenberghe sont des “reporters” de leur temps. Il mettent en image ce que Dangeau, Saint-Simon, la princesse Palatine ou Louis-Sébastien Mercier, pour ne citer que ceux-là, décrivaient dans leurs lettres ou mémoires.
Pour conclure, le Louvre est immense. A chaque visite je découvre quelque chose de nouveau dans les collections permanentes. Une vie entière ne parviendra pas à me permettre de tout appréhender dans ce monument. Dire que j’ai passé de très longues heures dans les musées de Berlin, Londres et en Turquie et autres lieux français et étrangers en me disant que je n’y retournerai pas assez souvent pour m’en imprégner…

Petit Palais (Paris)

mars 12, 2006

Deuxième fois que j’y vais en peu de temps. Les deux fois accompagné de charmants garçons.
La première fois avec une tendre rencontre que j’ai vue plusieurs fois et avec laquelle nous avions visité quelques musées et monuments (le Musée Cernuschi, Versailles), la deuxième fois avec un garçon rencontré sur un autre site est celle d’aujourd’hui.
Le fonds du musée du Petit Palais est très riche : de l’antiquité à la période du début 20ème siècle. De beaux tableaux (scènes de vie parisienne, nu sapphique d’une très grande élégance), vases de Sèvres, de Gallé, une Femme au Singe étonnante, la plus grande collection publique d’icônes en France, des objets en ivoire d’une extrême minutie et donc d’une très grande maîtrise, trois salles en enfilade lambrissées où se trouvent quelques meubles XVIIIè s. , des tableaux de diverses périodes flamande à impressionniste et quelques objets ou statues antiques.
La visite est gratuite et cela vaut le déplacement. A ne pas manquer.

Splendeur de la Cour de Saxe à Versailles

mars 7, 2006

Très belle exposition avec des objets brillant de tous leurs feux.
Une très intéressante obélisque (Obeliscus Augustalis) qui a coûté le prix d’un château baroque.
Un diamant acheté pour le prix de deux tonnes d’or.
Cela fait rêver et montre l’exemple de la Cour de Versailles que l’Europe voulait égaler.
La Voûte verte (Grünes Gewölbe) du château de la Résidence en re-construction doit réserver d’autres merveilles. La scénographie s’en inspire d’ailleurs très agréablement.
Ma préférence va à un justaucorps d’homme (habit du couronnement d’Auguste le Fort) d’une minutie de broderie qui m’a vraiment beaucoup impressionné. Combien de mois sur cette pièce vestimentaire magnifique !