A la fin de la représentation, une fois le rideau tombé, chaque enfant embrasse sa mère et, dans l’aller-retour entre les coulisses et la scène afin de recevoir les applaudissements du public, on peut voir des gestes d’affections (est-ce encore du théâtre ou la réalité affective ?) entre les acteurs.
Une scène avec des chaises de salle de classe surdimensionnées, une estrade. Voilà le décor de la pièce. C’est sobre mais modulable et adaptable aux situations.
Deux jeunes (et jolis garçons) sont les prunelles des yeux de leurs mères. L’un est un élève modèle (bon en mathématiques), l’autre est bon en français. Ils complètent leurs connaissances mutuelles en se fréquentant assidûment afin d’obtenir leur baccalauréat.
Qui dit fréquentation assidue, dit interrogations de l’entourage à propos des liens qui les rapprochent. Ni l’un ni l’autre n’ayant de petites amies, les mères s’en inquiètent et forcent le destin de leurs progénitures.
Les mères sont d’autant plus proches de leurs fils, qu’elles n’ont plus l’affection ou l’amour physique de leurs maris. Délaissées ou jamais aimées, leur seul bonheur, leur seul but sont ceux de veiller à la réussite des fruits de leurs entrailles. Elles ont mis au monde en souffrant des dieux et elles veulent qu’ils soient leurs réussites terrestres. Quitte à refuser la liberté de choix de leurs enfants et en imposant leurs vues sur les manières de conduire sa vie.
Même si le texte n’est pas une grande oeuvre littéraire, les acteurs arrivent à nous convaincre et jouent magnifiquement leurs rôles. Le thème est touchant et l’émotion passe.
Quand le rideau tombe, les enfants embrassent leurs mères respectives, à ce moment-là je me souviens que les femmes que j’ai devant moi sont jouées par des hommes. Je l’avais oublié… L’homme est une femme comme les autres.