Rumba (2008) Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy

By unblogdeplus

Je ne serais pas allé voir le film si je n’avais entendu et lu quelques critiques élogieuses. J’ai vu tous les films qui m’intéressent et je n’avais donc pas beaucoup de choix ce jour-là. Que dire sur Rumba ?

Je n’ai pas assez vu de films de Buster Keaton ou de Jacques Tati. Mais j’imagine, peut-être à tort, que ces grands ancêtres sont les modèles des réalisateurs Abel/Gordon/Romy. J’ai aussi pensé à cette émission de mon enfance qui nous présentait des films comiques du début du cinématographe et dont le générique était une animation rythmée par une musique qui résonne encore dans ma mémoire.

Ce qui frappe immédiatement, ce sont les cadres. A la manière de Wallace et Gromit, chaque plan est un tableau où se joue chaque scène. Les acteurs remplissent le cadre comme une peinture prise sur le vif. Les couleurs vives des habits portés par les protagonistes nous agressent. Leur accoutrement ne permet pas vraiment de situer l’action dans le temps. Cela peut se passer aujourd’hui ou dans les années soixante dix. Il en est de même de la nationalité du film ; on commence par un cours de langue anglaise, mais on se rend compte plus tard que l’action se déroule dans le Calvados. Mais tout pourrait avoir lieu dans n’importe quel endroit du monde, près de la mer, de falaises, où la pluie est diluvienne.

Le scénario est très simple, les dialogues sont très limités. C’est une suite de catastrophes qui s’amoncellent sur notre pauvre couple champion de danse de rumba. D’autres pleureraient, tel ce brutus sensible qui madeleinise pendant presque tout le film et qui ne fait rien pour réussir ses suicides, mais notre couple stoïque continue de vivre malgré les aléas cruels de leur vie d’artistes.

Ce n’est pas loin d’être une petite merveille de film et selon moi une merveilleuse réussite visuelle.

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