Archives pour août 2007

Incendiaire (Chris CLEAVE)

août 20, 2007

L’auteur masculin se met dans la peau d’une femme anglaise vivant à Londres, épouse soucieuse du confort de son mari, mère attentive aux besoins de son enfant de 4 ans et 3 mois.

Avant le drame, cette femme est sur les nerfs, car son mari est démineur à Scotland Yard : elle a peur de le perdre s’il se trompe un jour en coupant le fil rouge ou vert qui permet la mise à feu des engins de mort déposés là par un terroriste en herbe.

La famille vit dans un quartier où d’un côté de la rue, ce sont des HLM et de l’autre un quartier résidentiel peuplé de bobos.

S’il n’y avait cette peur de perdre son mari à chaque instant, peut-être que l’héroïne ne chercherait pas à se rassurer dans les bras d’autres hommes. Les hommes la calment, elle a besoin de leur présence physique pour évacuer son stress de vivre.

Lorsque le stade de football explose pendant le match Chelsea/Arsenal, il y a quelque chose qui se détraque dans la vie de cette londonienne. Elle se met à écrire une longue lettre à Oussama ben Laden et lui raconte la vie d’une famille d’Anglais moyens, qui ne demande qu’à couler des jours heureux, en bonne intelligence avec ses voisins de toutes couleurs ou nationalités.

Le texte du roman est drôle, les images que la rédactrice utilisent pour exprimer sa pensée sont originales et souvent cocasses. Mais leur répétition devient à la longue une facilité d’écriture dont l’auteur aurait pu se passer.

La critique de la société londonienne est acide et désabusée. L’univers de cette femme écorchée vive ne peut se concevoir qu’avec l’aide de Valium, d’alcool et de colère finalement rentrée en elle-même, car elle se sent coupable. Coupable de n’avoir pas été l’épouse, la mère modèle, coupable d’être née du mauvais côté de la rue, coupable d’aimer les hommes qui ont besoin d’elle pour le sexe et pour se sentir vivre. Londres est une grande capitale dans laquelle les individus ne pensent qu’à eux, à leur individualité.

C’est loin d’être un roman optimiste.

Oussama n’a-t-il pas déjà gagné la partie sans avoir à faire sauter des bombes ? Les Anglais ne s’aiment plus, ils s’utilisent pour ne pas sombrer dans la dépression. C’est une vision noire et triste, angoissante et sinistre. Loin des clichés habituels que les médias nous présentent de la réussite économique du Royaume Uni.

C’est un document remarquable.incendiaire.jpg

Raisons d’Etat (2006) Robert de Niro

août 19, 2007

J’ai vu le film avant de lire ” La Compagnie ” de Robert Littell dont je parle dans un autre article.

Ce qu’il y a d’appréciable dans ce film, c’est qu’il n’est pas précipité. On prend son temps pour exposer la trame de l’histoire. 2H47 de traque.

Le choix de Matt Damon, même s’il m’horripile, est très judicieux. C’est un acteur plat, sans aspérités, sans charme, sans rien. En faire un espion qui se noie dans la foule est d’autant plus facile et crédible. Un beau garçon à la manière des James Bond me fera toujours sourire. Comment être discret dans une enquête d’espionnage en étant le plus beau de la classe et donc repérable à cent lieues à la ronde.

Dans son petit imperméable étriqué, le rôle va comme un gant à Matt Damon. On lui colle une épouse qui est censée être Whasp et de bonne famille, le physique plutôt hispanique d’Angelina Jolie me laisse sceptique quant à son choix dans le casting. Mais j’ai peut-être loupé une subtilité.

Heureusement, le reste du prestigieux casting est vraiment à la hauteur de mes espoirs : de Niro, Turturro (magnifique, excellent, beau tout simplement), le très grand William Hurt (qui avait été choisi dernièrement dans une apparition magnifique chez Cronenberg  et son ” History of Violence “), une très bonne actrice allemande (qui monte qui monte) Martina Gedeck, enfin Alec Baldwin et le très beau Billy Crudup.

Donc un casting somme toute très correct et une histoire passionnante. Malgré la longueur du film, je ne m’y suis pas ennuyé une seconde et j’y ai pris beaucoup de plaisir. raison-detat.jpg

Joe Strummer : The Future Is Unwritten (2007) Julien TEMPLE

août 19, 2007

The Clash… Groupe de rock’n roll incontournable pour ceux qui se sont un peu intéressés au mouvement Punk. Le documentaire est intéressant et montre bien les motivations de Joe Strummer pour être présent sur la scène. Même s’il n’était pas exempt de défauts, c’était un homme qui voulait changer les choses par les paroles de ses chansons et son engagement sur le terrain médiatique et musical.

Quand j’étais adolescent, je ne percevais que de la contestation dans ce groupe (et les autres groupes de musique punk). Ce reportage me confirme qu’il y a eu contestation d’un système mais aussi une réflexion plus poussée sur la société dans laquelle vivait Joe Strummer. Ce dernier a été tiraillé entre le ” star system ” qui l’enrichissait et ses convictions de partage des richesses entre tous les êtres humains. Dilemme insoluble, sauf dans la drogue et la destruction de soi.joe-strummer.jpg

Persepolis (2005) Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD

août 19, 2007

Petit tour en Iran et en Autriche par la bande dessinée portée à l’écran avec beaucoup de talent.

Marjane Satrapi raconte sa vie et celle de sa famille. C’est un langage direct, sans fioritures ni pathos. L’histoire que raconte l’héroïne ne commence pas sous la dictature des mollahs. L’Iran n’a malheureusement pas commencé à souffrir sous leur règne.

C’est une critique de la société iranienne certes mais en même temps la découverte de la vie pour cette petite fille qui grandit dans un monde terrible. Même lorsqu’elle sera en Autriche, en exil, elle vivra des moments pénibles et elle manquera y perdre sa vie.

La grand-mère de Marjane est une adorable femme qui ne s’en laisse pas compter et qui peut-être est à l’origine de la force de caractère de notre héroïne. Ce dessin animé est un chef-d’oeuvre d’intelligence et de liberté.18761633.gif

La Compagnie – Le grand Roman de la CIA (Robert LITTELL)

août 19, 2007

Roman d’espionnage, il se boit comme du petit lait. Les pages défilent à une vitesse extraordinaire (il y en a 1222) ; elles sont passionnantes et riches en rebondissements.

Je suis tout de même déçu par la fin du roman, car l’auteur fait mourir tous les espions pro-russes. Il y a du manichéisme qui m’énerve vraiment : le bien a fini par triompher du mal. C’est réducteur et basique.

Les passages surprenants sont ceux où Jack Kennedy et Ronald Reagan sont mis en scène.

Même si ce n’est qu’une fiction, nous plongeons dans la vraie histoire et cette piqûre de rappel sur les événements de la guerre froide n’est pas inutile.

Les héros sont attachants.

La traductrice a très bien travaillé, peut-être est-ce l’écriture de Robert Littell qui est d’une grande clarté en langue anglaise ?la-compagnie.jpg

Carmen (Georges BIZET)

août 16, 2007

Ecouté en fond sonore.

Le style de Karajan est lourd, les chanteurs ne m’ont pas fait vibrer.C’est très moyen selon mon opinion de néophyte.

Je préfère la version avec Victoria de Los Angeles (qui n’est pas filmée, malheureusement). C’est beaucoup plus vivant quand l’oeuvre est dirigée par Thomas Beecham, voire par Claudio Abbado avec Teresa Berganza.carmen.jpg