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Adolphe – Benjamin Constant (1767-1830)

juillet 21, 2007

Adolphe

Une langue française magnifique, une histoire triste mais qui ne me semble pas cynique.  Voilà les deux passages que j’ai notés :

” Les six mois que m’avait accordés mon père étaient expirés ; il fallut songer à partir. Ellénore ne s’opposa point à mon départ, elle n’essaya pas même de le retarder , mais elle me fit promettre que, deux mois après, je reviendrais près d’elle, ou que je lui permetrais de me rejoindre : je le lui jurai solennellement. Quel engagement n’aurais-je pas pris dans un moment où je la voyais lutter contre elle-même et contenir sa douleur ! Elle aurait pu exiger de moi de ne pas la quitter ; je savais au fond de mon âme que ses larmes n’auraient pas été désobéies. J’étais reconnaissant de ce qu’elle n’exerçait pas sa puissance ; il me semblait que je l’en aimais mieux. Moi-même, d’ailleurs, je ne me séparais pas sans un vif regret d’un être qui ne m’était si uniquement dévoué. Il y a dans les liaisons qui se prolongent quelque chose de si profond ! Elles deviennent à notre insu une partie si intime de notre exitence ! Nous formons de loin, avec calme, la résolution de les rompre ; nous croyons attendre avec impatience l’époque de l’exécuter : mais quand ce moment arrive, il nous emplit de terreur ; et telle est la bizarrerie de notre coeur misérable, que nous quittons avec un déchirement horrible ceux près de qui nous demeurions sans plaisir ” .

” Je la quittai : je ne rentrai qu’avec tous ses gens pour assister aux dernières et solennelles prières. A genoux dans un coin de sa chambre, tantôt je m’abîmais dans mes pensées, tantôt je contemplais, par une curiosité involontaire, tous ces hommes réunis, la terreur des uns, la distraction des autres, et cet effet singulier de l’habitude qui introduit l’indifférence dans toutes les pratiques prescrites, et qui fait regarder les cérémonies les plus augustes et les plus terribles comme des choses convenues et de pure forme ; j’entendais ces hommes répéter machinalement les paroles funèbres, comme si eux aussi n’eussent pas dû être acteurs un jour dans une scène pareille, comme si eux aussi n’eussent pas dû mourir un jour. J’étais loin cependant de dédaigner ces pratiques ; en est-il une seule dont l’homme, dans son ignorance, ose prononcer l’inutilité ? Elles rendaient du calme à Ellénore ; qu’elles l’aidaient à franchir ce pas terrible vers lequel nous avançons tous , sans qu’aucun de nous puisse prévoir ce qu’il doit éprouver alors. Ma surprise n’est pas que l’homme ait besoin d’une religion ; ce qui m’étonne, c’est qu’il se croie jamais assez fort, assez à l’abri du malheur pour oser en rejeter une : il devrait, ce me semble, être porté, dans sa faiblesse, à les invoquer toutes ; dans la nuit épaisse qui nous entoure, est-il une lueur que nous puissions repousser ? Au milieu du torrent qui nous entraîne, est-il une branche à laquelle nous osions refuser de nous retenir ” ?

A History of Violence (2004) David Cronenberg

juillet 21, 2007

A History of Violence

Je n’avais pas trouvé le film très intéressant à sa sortie au cinéma. A cette deuxième projection, je suis tout aussi désenchanté. Seules les toutes premières scènes sont esthétiquement belles et prometteuses.

L’actrice dit ” O my god ! ” au moins dix ou quinze fois, j’en viens à haïr cette expression typiquement américaine qu’il m’arrive d’employer contré mon gré.

Les tueurs et mafieux sont sans doute les personnages les plus beaux et troublants du film.

Le Clan (2004) Gaël Morel

juillet 21, 2007

Le Clan

Les garçons sont très beaux, mais on ne fait pas un bon film avec seulement cela. Au début, on dirait presque un mauvais film X homosexuel. Puis, progressivement, on arrive cahin-caha  à avoir de la matière. Gaël Morel n’est pas fait pour la réalisation.