Je suis un peu ému, connement d’ailleurs, car il n’y a pas de quoi s’émouvoir pour une personne que je n’ai jamais connue. Altman est mort il y a peu de temps…
Encore un qui part, un bon réalisateur qui me laisse avec quelques films que j’aime voir et revoir : M.A.S.H. – 1970 (un pavé jeté dans mon enfance quand je l’ai vu et ce malgré les réticences de mes parents, il m’a fait connaître Donald Sutherland, l’un de mes acteurs fétiches), Short cuts – 1993, monument de plus de trois heures que j’adore et qui est autrement mieux ficelé que Babel (Alejandro González Inárritu) et enfin, Gosford Park – 2001, l’un des films les plus anglais du cinéma américain (avec Helen Mirren, la Queen de Stephen Frears), que je préfère au cinéma sirupeux de James Ivory sur des thèmes assez proches (Retour à Howards End, Les Vestiges du Jour) .
Mais revenons à ce petit film sans prétention, mais avec un choix d’acteurs que beaucoup lui ont enviés (les acteurs américains se battaient pour tourner avec Altman).
C’est la fin d’une époque, le dernier soir d’une émission radio diffusée en direct. Les artistes se produisent et chantent un peu tout ce que le folklore américain a de typique, un peu d’amour, de religieux, de chansons coquines.
Entre ses intermèdes musicaux, le présentateur nous vante les mérites de différents produits de consommation courante. Les ” réclames ” sont souvent drôles et la transition est toujours un bon moment.
Bon, on va dire qu’il faut bien que les choses évoluent. Cela fait penser au CBGB à Manhattan, salle mythique (” musée du rock “) qui a fermé ses portes en octobre de cette année. Il ne faut pas pleurer la disparition de lieux magiques, mais il y a toujours la question de l’emploi pour ceux qui resteront sur le carreau. Heureusement que l’un d’eux a la bonne idée de mourir dans la loge (dans le film) sur son fauteuil, en caleçon et santiags, attendant sa dulcinée qui aurait dû lui faire une gâterie tendre et coquine.
Pourtant, je n’ai pas très bien compris pourquoi la belle revenante est là (elle fait penser à un personnage mystérieux des films de David Lynch) ; elle est morte d’avoir ri en écoutant l’une des émissions de ” A prairie home companion “. Son rôle est celui de mener de vie à trépas l’exécuteur de la vente du lieu à un groupe texan.
Je ne suis pas un fan de la country music, mais là, avec les sous-titres, les chansons se laissent apprécier. Meryl Streep est plutôt bonne chanteuse. Lily Tomlin (actrice extraordinaire, comme l’est Rossy de Palma chez Almodovar) l’accompagne timidement. Les cow boys aux jeux de mots douteux, sont très drôles et profitent de leur dernier passage à la radio pour en faire des tonnes.
C’est donc un film gentillet et agréable à regarder. Le dernier spectacle de Robert Altman…