Archives pour juillet 2006

Concours et autres jeux Gayattitude

juillet 30, 2006

Je m’amuse beaucoup avec ces concours un peu ébouriffés de futures reines et futures talons aiguilles.
Je sais que ce n’est pas très masculin et que beaucoup se diront que GA est un peu trop ” folle ” à leur goût, mais ce vent de folie est rafraîchissant : ne pas se prendre au sérieux de temps en temps, cela fait un bien fou.
Pour avouer les votes, j’ai commencé par voter Sycomore-Queen LaSyco, car il le vaut bien et c’est un garçon adorable et mignon.
Ensuite, sur ses conseils, j’ai donné ma voix et fait un peu de pub à Queen-of-the-divan, car il semble ne pas trop se prendre au sérieux et il est, selon moi, très joli garçon.
Mais j’ai eu droit à un travail au corps de SergeDeCastille pour que je lui donne ma voix : il a beaucoup de ténacité et je ne m’attendais pas à être autant sollicité. Je lui tire mon chapeau pour sa patience, mais je n’ai pas voté pour lui. Mille pardons.
Voilà, j’espère que chaque candidat sera récompensé et que ces échanges entre membres de GA auront créé des liens nouveaux entre les abonnés.
Bonne chance à tous et merci pour ce bon moment intense.

Tsotsi (2005) Gavin Hood

juillet 30, 2006

Cela commence comme un beau clip vidéo que l’on voit sur les chaînes TV de musique.
La musique est afro-black. Je ne sais pas quel genre musical c’est. C’est pas mal, j’aime bien la voix du chanteur et la cadence.
Mais je me dis, si le film est un clip vidéo, c’est bien dommage.
Progressivement pourtant, le scénario intéresse et je garde une bonne opinion du film.
Les acteurs sont bons, l’image est belle, très belle. Il y a une chaleur qui s’en dégage. Une beauté des décors, des personnages, des lieux.
L’action est violente quelquefois. Mais la vie dans le ghetto de Johannesburg ne doit pas être le paradis. Les habitants se sont certainement habitués à la dureté de la vie en Afrique du Sud, quand on est pauvre ou que l’on a pas eu la chance de quitter les ” pipes ” (gros tuyaux de ciment) qui servent de maisons aux enfants orphelins ou aux petits fugueurs dont les parents sont malades du Sida par exemple.
Le côté clip du film d’ailleurs se retrouve dans le très grand panneau d’affichage dans la gare ferroviaire où l’on parle du VIH. Ca fait un peu film de propagande mondiale pour que l’on pense au problème du Sida en Afrique (et l’Oscar qui a été décerné pour ce film a peut-être été influencé par ces bons sentiments).

C’est la vie d’une bande de jeunes hommes noirs qui vivent de vols à la tire et de petits coups contre le bourgeois. Le bourgeois est noir lui aussi, contrairement à ce que notre imaginaire français pourrait faire croire.
Il n’y a pas de sentiments quand sa vie est menacée, quand on vole beaucoup d’argent, quand on pense que l’un des siens est un assassin qui devient une brute sanguinaire.
A côté de cette brutalité, il y a un bébé dont on doit s’occuper, car en volant une voiture, on a pris par mégarde le bébé en même temps et tiré un coup de feu sur la mère.
Ce ” colis ” encombrant, c’est peut-être la chance qu’a Tsotsi de retrouver la ” décence “. La rencontre avec la mère-nourricière qu’il choisira pour ” son ” bébé sera aussi un retour à son enfance, écourtée par la séparation d’avec sa mère se mourant du Sida.

C’est aussi une histoire d’amitié entre gamins qui ont grandi ensemble dans un milieu hostile où l’un des rares moyens de survivre est de contrevenir à la loi.

C’est assez sobre, ça aurait pu être beaucoup plus larmoyant étant donné tous les thèmes abordés (le mendiant en chaise roulante par exemple).
C’est un film touchant qui n’en fait pas des tonnes.

Gaillardise (François-Marie Arouet dit Voltaire XVIIIe siècle)

juillet 29, 2006

Je cherche un petit bois touffu
Que vous portez, Aminthe
Qui couvre s’il n’est pas tondu
Un petit labyrinthe
Tous les mois on voit quelque fleurs
Colorer le rivage
Laissez moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.

Allez, monsieur porter vos pleurs
Vers un autre rivage !
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage.
Car si vous les versiez tout de bon
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient dans une autre saison
M’en faire verser d’autres.

Quoi ? Vous craignez l’événement
De l’amoureux mystère ?
Vous ne savez donc pas comment
On agit sur Cythère ?
L’amour modérant sa raison
Dans cette aimable guerre
Sait bien arroser le gazon
Sans imbiber la terre !

Je voudrais bien, cher amant
Hasarder pour vous plaire
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connaît guère.
L’amour maîtrisant vos désirs
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l’être.

L’Enigme des Blancs-Manteaux (Jean-François Parot)

juillet 24, 2006

Sous le règne de Louis le Quinzième et de sa maîtresse, Mme de Pompadour, il se passe de drôles de choses à Paris.
Le jeune breton monté dans la grande ville et mis à la disposition de M. de Sartine, chef des affaires secrètes du Roy, va dénouer l’écheveau d’intrigues terribles où les assassinats se suivent à un rythme soutenu.
L’auteur a du style, le livre est agréable, le héros est intéressant à suivre dans son parcours vers la réussite de son enquête et dans son ascension sociale.

Mystère Rue des Saints-Pères (Claude Izner)

juillet 24, 2006

L’action se déroule lors de l’exposition universelle de 1889, date de l’inauguration de la tour Eiffel.
Des gens meurent piqués par une abeille. Voilà l’intrigue.
Malheureusement, c’est ce que j’appelle de la littérature de commande : on donne un sujet à un écrivain et il bosse dessus. Cela ne donne pas grand chose ; un style haché et sans talent, quelquefois très lourd et indigeste. Aucun plaisir à lire cette littérature de gare.

L’Etat des Âmes (Giorgio Todde)

juillet 10, 2006

Pendant que la France entière se préparait à regarder la finale du Mundial 2006 hier et lors même de sa diffusion universelle sur les gros ou les petits écrans, je me suis mis à lire ce roman policier italien. En quelque sorte, j’ai supporté l’Italie qui a gagné sans flonflons ni trompettes ; ne méritait-elle pas une nuit de fête pour les supporters du ballon rond ? Que les supporters sont ingrats ! Ce n’est qu’un jeu.

Je remercie Zidane, qui, semble-t-il, a bien fait de bousculer cet Italien insolent, de ne pas donner l’occasion à Chirac et Villepin de tirer les marrons du feu de la victoire de l’équipe de France lors de son allocution certainement insipide du 14 juillet.

A défaut de France/Italie, je me suis donc trouvé plongé en pleine Sardaigne, en 1892.
J’ai eu du mal à ” accrocher ” car l’écriture de Giorgio Todde (ou bien celle de son traducteur) n’est pas plaisante selon moi, peut-être un peu lourde. Mais il n’y a que 227 pages et en moins d’une après-midi, on arrive à fermer le livre en étant assez intéressé.
Quelques décès dans un petit village équilibre la balance immuable de sa démographie entre les naissances et les morts. Quand un être apparaît au cri de l’accouchée, un trépassé ne tarde à donner du labeur au curé de la paroisse.
Quand la doyenne est trouvée morte, puis la plus belle fille du village, les soupçons du médecin/enquêteur Efisio Marini ne tardent pas confirmer qu’il s’agit de meurtres.
Nous aurons les détails des autopsies commentés et les éléments du puzzle trouveront leur place progressivement. Pour la fine bouche, sachez que la jolie fille (on imagine Isabelle Adjani dans le Berry profond) sera momifiée par Efisio Marini, médecin qui a réellement existé et qui aura même droit à la Légion d’Honneur remise par Napoléon III.
L’histoire est une sorte de combat entre la raison et l’irrationnel, voire le Malin. Celui-là même qui subjugue l’idiot du village épileptique. Ca fait un peu penser à Quasimodo et Esméralda.
N’ayez crainte, les meurtres auront leur coupable et nous serons de nouveau rassurés de vivre dans notre petit village où les âmes sont équilibrées en nombre.

” La Trilogie berlinoise ” Philip Kerr

juillet 9, 2006

Recueil de trois romans policiers qui se déroulent de 1936 à 1947. Traduits de l’américain très correctement, le style est agréable à lire, les 3 histoires sont intéressantes et le personnage du détective privé, Bernhard Gunther, est attachant .

” L’Eté de Crystal ” se déroule pendant les jeux olympiques de 1936, quand Jess Owens gagne quelques médailles d’or, contredisant ainsi l’idiotie national-socialiste de la théorie des races supérieures.
Berlin pour l’occasion, dans son opération de séduction internationale, redonnera une image plus démocratique de sa capitale avant l’arrivée des touristes venus voir les Jeux. Toute trace d’antisémitisme sera effacée momentanément et même les librairies retrouveront quelques livres disparus des rayonnages car subversifs à la santé aryenne des Allemands.
Bernhard Gunther est détective privé allemand (toutes les professions se verront affubler de l’adjectif ” allemand ” pour être sûr de la bonne aryanité de l’entreprise), spécialisé en recherches de personnes disparues. Sa clientèle est malheureusement souvent juive, car beaucoup finiront victimes anonymes dans le Landwehrkanal. Dans un régime totalitaire, c’est la chose la plus habituelle…
Lors de son enquête, l’auteur nous présente Berlin et le nazisme, il mettra même son héros dans un camps de concentration. Les descriptions sont très réalistes. Certains passages sont durs et cruels, mais c’est efficace et historiquement intéressant. La pénurie règne, les Allemands manquent de tout. C’est le système de la ” débrouille ” et beaucoup de femmes vendent leur corps pour survivre.

” La Pâle Figure ” 1938, bien qu’une autre enquête, c’est la continuité du précédent roman. Il est aussi fait mention de l’homosexualité, comme dans le roman précédent. C’est vrai que Berlin fut avant 1933, l’une des trois capitales avec Londres et Paris où la sexualité était assez libre. L’exemple des SA et de leur chef Röhm rend encore plus délicate la question homosexuelle pour les Nazis.
Le héros n’est pas homo et serait plutôt un chaud lapin en matière de femmes. N’imaginez pas que ces romans sont des histoires gay-friendly, loin de là…
C’est une machination avec un mage médium qui doit impliquer Heinrich Himmler dans un pogrom contre les juifs berlinois.
Ce n’est pas à l’origine de la Nuit de Cristal du 9 et 10 novembre 1938, mais le roman finit par évoquer ce terrible événement.

” Un Requiem allemand ” nous emmène après-guerre, en 1947. De nouveau dans un Berlin en pleine pénurie, la ville sous les décombres, rasée. Les habitants vivent dans les ruines. Rien ne tient debout, les murs menacent de s’écrouler.
Berlin est partagée entre les 4 occupants (Russie, USA, GB et France).
C’est un imbroglio d’espions de tous bords, tout le monde s’espionne et la contribution des Allemands, voire de certains anciens criminels de guerre, est nécessaire.
De Berlin, nous allons à Vienne où la ville n’a pas été beaucoup abîmée. Berceau du National-socialisme pourtant et beaucoup plus radicale que Berlin lors des élections de 1933, elle a échappé à la ” punition ” de la défaite.
L’intrigue plonge au coeur du système élaboré par toutes les parties en présence pour faire fuir des criminels nazis ou pour les employer dans les réseaux d’espionnage. Il y a besoin de main-d’œuvre et ce sera la porte de sortie pour beaucoup d’anciens SS ou militaires allemands.
L’argent n’a pas d’odeur, dit-on, mais la géostratégie et la politique non plus. Pour contrer le communisme, on oubliera de punir certains monstres du IIIe Reich.

Globalement, les romans sont passionnants et les descriptions sont bonnes. Le héros côtoie des dirigeants de triste renommée. La vie à Berlin et à Vienne pendant cette période est vraiment ce qui m’a le plus intéressé.
L’auteur, américain, n’aime pas beaucoup les Français, les Russes, les Autrichiens et les homosexuels, cela se ressent. C’est plein de clichés, mais bon, ne lui faisons pas un procès pour cela.

J’aime Berlin, j’y ai passé une semaine pour le jour de l’an 2004/05
Beaucoup y vont pour les plaisirs de la chair et des bars, de la vie homosexuelle.
Je n’y suis allé que dans le but de voir la ville et sa vie culturelle.
Un peu frustrant de faire la visite en hiver, car les jours sont vraiment très courts, mais j’ai eu la chance de ne pas avoir trop mauvais temps ; j’y ai beaucoup marché.
Mon ” bed & breakfast ” était situé dans Moabit (le centre de Berlin).
J’ai eu l’impression d’une ville de province calme et reposante. Peut-être sont-ce les quartiers que j’ai le plus fréquentés qui m’ont donné cette impression.
La ville est ponctuée de ” points repères ” comme à Paris. La seule différence, c’est qu’à Paris l’on parle d’histoires moins sordides. Sur ces plaques, Berlin exorcise son passé nazi et indique qu’à tel ou tel endroit se tenait tel bâtiment ou tel autre. Heureusement que les bombardements ont fait disparaître ses symboles de pouvoir affreux. C’est horrible pour les berlinois de ne plus avoir vraiment de passé, mais pour repartir sur de nouvelles bases, il valait mieux ça.

Musée de l’Orangerie

juillet 8, 2006

La réouverture du musée était quelque chose que j’attendais depuis quelques années.
En premier lieu, parce qu’elle permet la liberté de circulation dans une partie du jardin des Tuileries sur les bords de Seine où je vais lire de temps en temps, les soirs d’été, pour fuir les cris du foot par exemple.
En deuxième lieu, parce qu’il y a une belle concentration de peintures de Chaïm Soutine.
Un généreux gaïen m’a fait le plaisir de couper la file d’attente des nombreux touristes et de m’accompagner dans la redécouverte du musée depuis les travaux de rénovation/réhabilitation de cet édifice vieillissant, surtout connu pour les deux grandes salles hébergeant les Nymphéas de Claude Monet.
Première vue d’ensemble du bâtiment restauré et réaménagé : de l’extérieur, le bâtiment n’est pas laid, les verrières s’intègrent bien dans le paysage. C’est propre et net, j’aime beaucoup.
En revanche, dès que l’on entre, c’est une autre histoire. Les deux cubes de bétons sont moches. Rien de beau ou d’esthétique. Vraiment très grosse déception. On dirait les cabines d’habitation d’un supertanker.
Au bas des marches, le béton règne partout, la rampe d’escalier est minable, une enfilade de tableaux sans harmonie, sans beauté d’ensemble.
Il manque de la chaleur et de l’inventivité. Eclairage naturel des toiles d’un côté de ce ” couloir ” , éclairage artificiel de l’autre côté ?! Pas d’équilibre d’ensemble.
Le reste des toiles, parallèlement au couloir gris, se trouvent dans une succession de salles en enfilade, dont les murs sont de couleurs peu en harmonie avec les toiles impressionnistes.
Les Soutines ont droit à une salle, c’est vrai, mais je les trouvais beaucoup mieux mis en valeur en haut de l’ancien escalier qui a disparu.
Quant aux salles des Nymphéas, les voiles qui protège de la lumière directe des verrières, ont été collés à la va-vite ; ça déborde et donne une impression minable, très peu esthétique. La petite ouverture du milieu du voile n’est même pas belle et aurait pu trouver une petite touche plus agréable à regarder.
Dommage.

Paris Je t’aime (2005) divers réalisateurs

juillet 7, 2006

Je suis resté sur ma faim, car les ” sketchs ” sont trop courts pour certains et d’autres ne m’ont pas touché.
J’attendais de mieux voir Paris, mais la ville est un prétexte. Il s’agit de vraies histoires, dans des lieux certes définis mais dont on voit peu le caractère particulier.
En revanche, outre quelques bons petits morceaux que je mentionnerai plus bas, cela m’a permis de revoir deux acteurs cassavétiens immenses (Gena Rowlands, Ben Gazzara). Rien que pour cela, il faut aller voir ce petit concentré de stars.

Dans l’ordre donc, j’ai aimé ” Quai de Seine ” , pour cette belle actrice au hidjeb et le joli garçon qui tombe amoureux. Si la vie pouvait être aussi simple…
” Tuileries ” , avec sa gueule de chien battu, Steve Buscemi est idéal pour ce scénario très drôle et qui me rappelle certaines scènes vécues sur les quais du métro.

” Loin du 16ème ” est terrible, on a un pincement au coeur. Métro-boulot-dodo-lolo. C’est très bien vu et c’est peut-être celui qui pour moi est le plus représentatif de Paris et des parisiens. Comment en si peu de mots, l’on peut montrer une tranche de vie.

” Porte de Choisy ” m’a fait penser à la folie douce du film tourné sur le même lieu avec Darry Cowl ( ” Augustin roi du Kung Fu ” – 1999 – Anne Fontaine). Ce petit morceau de cinéma est déjanté. C’est Fellini dans le quartier chinois.

” Bastille ” n’est pas trop mauvais.

” Tour Eiffel ” est une belle oeuvre. Entre tristesse et comédie. Le petit gamin avec son énorme cartable est irrésistible.

” Place des Fêtes ” , c’est triste. Ne jamais oublier de faire attention aux gens qui nous entourent et que l’on aime bien sans vraiment les connaître. Quelle occasion manquée !

” Pigalle ” c’est mignon. Assez drôle et plein de chaleur. Cela se finit devant l’un des plus beaux lieux de Paris, cette petite place est vraiment l’endroit que j’aimerais habiter.

” Quartier de la Madeleine ” inquiétant et dégoûtant. Mais les acteurs sont bien choisis et c’est une belle réussite artistique.

” Faubourg Saint-Denis ” a plus le caractère d’une oeuvre d’art vidéo. C’est assez beau. La musique est bien choisie, le texte repris en boucle. C’est pas mal du tout.

” 14è Arrondissement ” est une belle réflexion sur l’amour d’une ville par une femme étrangère à ce pays et son impression d’ensemble.

A quand une nouvelle cité filmée par plusieurs réalisateurs maintenant ?