Mon opinion ne change pas et se renforce avec son dernier film.
Il est très facile de faire jouer des enfants, car ils restent naturels et ont moins de préjugés que les acteurs adultes. Ils se fichent de leur image et des castings futurs qu’ils feront avec d’autres studios de cinéma.
Pour l’actualité des Américains, leur charmant pays a décidé de construire un mur entre le Mexique et leur territoire pour endiguer l’immigration des Chicanos qui viennent prendre le travail des bons américains Whasps.
En fait les murs existent déjà comme dans tout pays civilisé… et à Beverly Hills, il faut bien que les riches se protègent des voyous en tout genre.
Le film commence dans le ghetto de South Central (Los Angeles) où de jeunes garçons d’origine hispanique font du skate board, vont à l’école, se chamaillent gentiment entre eux en se touchant les fesses et la bite, mais sans arrière-pensées. En toute camaraderie.
Ils ont des expériences sexuelles avec la nymphomane du coin ou avec de jolies filles tendres et “sérieuses”.
C’est très frais, ils sont touchants, ils ont les cheveux longs, ils sont musiciens et jouent du punk à leurs moments perdus. Leurs idoles sont évidemment les Ramones. Le film est rythmé par cette musique que j’aime vraiment beaucoup.
Un jour, ils décident de faire la très longue traversée pour aller de South Central à Berverly Hills. Histoire de changer d’air, de voir des jolies filles et de faire du skate dans un autre univers.
Leur rencontre avec la culture bourgeoise du lieu sera mouvementée : le délire sécuritaire, la curiosité des autochtones, la solidarité Chicanos vont leur faire découvrir un univers vraiment différent, parsemé de pièges et de relations étranges et quelquefois chaudes et cocaces…
C’est une journée qui se finira mal pour certains et pour d’autres sera une nouvelle expérience. L’habitude des drames dans ces banlieues déshéritées “blinde” presque ces jeunes gens qui savent que vivre est une chance et qu’il faut profiter de chaque jour. Même si l’existence est souvent cruelle pour ces écartés de la prospérité américaine, leur vie a un sens. Elle n’est pas seulement faite de larcins, d’armes à feu et meurtres.
On a plus de chance de finir flinguer au coin d’une rue ou d’aller en prison quand on ne fait pas partie des gros contribuables de L.A.
Seul reproche que je peux faire au scénario, c’est de montrer sur les 4 passages de violence du film, 3 sont le fait de blacks. N’y a-t-il pas un parti pris des gentils hispaniques contre les méchants afro-américains ?
NB J’ai oublié de dire que ce film était fin. Loin de la lourdeur des grosses machines hollywoodiennes. On y rit beaucoup, on y prend beaucoup de plaisir.