Archives pour mars 2006

Au fil de mes pensées…

mars 26, 2006

Je viens de perdre ma grand-mère.
J’en suis un peu affecté car cela représente un nouvel ancêtre qui disparaît.
Ne l’ayant que peu fréquentée, cela atténue ma tristesse mais me rapproche de la mort un peu plus. Ceux qui sont avant nous chronologiquement forment comme une barrière physique et psychologique qui éloigne la possibilité d’être concerné par un décès naturel dans l’immédiat.
Je fais un peu le bilan des disparus ; heureusement il y en a peu. Mais du côté maternel ça y est, pépé et mémé ne sont plus. Pépé il y a longtemps, bien longtemps. Mémé, elle, a duré plus de 90 ans. J’ai appris hier à la radio que nos vieux mouraient de plus en plus âgés et qu’il y avait de ce fait des transmissions d’héritages qui se faisaient beaucoup plus tardivement. C’est compensé par des textes de lois qui facilitent les dons entre vifs.
Heureusement, car il y aurait des meurtres et des empoisonnements. Je ne peux m’empêcher de penser au Père Goriot ou à Thérèse Raquin. Ces tout-petits livres qui sont des sommets d’ignominie. Du très grand art. Une maîtrise narrative qui me fiche la chair de poule à chaque fois que je m’en souviens.
Je n’irai pas à l’enterrement de ma grand-mère… c’est bien dommage. Je lui dois une partie de mon sang sarthois, une partie de la terre de mes ancêtres paysans. Je la garde dans ma pensée, c’est le meilleur moyen de la faire encore un peu vivre, même si mes souvenirs de nos dernières rencontres sont lointains.

A propos de décès, j’ai perdu un ami au début de l’année. Un garçon que je voyais très peu à la vérité. Nous nous contactions le plus souvent par nos cartes postales lorsque nous voyagions, par nos coups de fil à nos fêtes ou aux anniversaires. Le sien tombait le jour de la première élection de François Mitterrand. Une date symbolique pour moi et donc facile à me rappeler. Je pense l’avoir vu physiquement pour la dernière fois très diminué à l’Amnésia. Je l’avais raccompagné à Saint-Michel pour qu’il prenne son RER en partance pour Versailles. Nous avions batifolé ensemble quelquefois en 1994/95. J’en garde le doux souvenir d’un homme dont la santé a toujours été très chaotique à la suite d’un grave accident de la route. Sa voix était comme nulle autre pareille ; une voix aigüe et presque cassée. Une voix qui le rendait unique et cher à mes pensées. Nous nous étions rencontrés sur les quais des Tuileries où je lisais un livre sur la République de Venise. Ce fut le prétexte qu’il prit pour engager la conversation avec moi. Curieusement, son enterrement a eu lieu un jeudi où j’envisageais de visiter le palais de Versailles. J’ai décommandé cette visite à l’ami qui me l’avait proposée et me suis rendu à la cérémonie religieuse dans la cathédrale Saint-Louis de cette même ville. La vie est faite de coïncidences qui me poursuivent souvent. La ville de Versailles était déjà très chère à mon coeur, elle n’en est que plus mienne par ses événements qui me rattachent à elle.

Les Van Blarenberghe, des reporters au XVIIIe siècle

mars 19, 2006

Je me disais bien que j’avais oublié de parler de quelque chose hier soir.
Je suis allé avec un bon copain que j’aime beaucoup faire notre petit tour nocturne du vendredi soir au Louvre. Il y avait un monde incroyable encore à faire la queue dehors à 18h30. A croire que les touristes n’ont rien d’autre à faire que de profiter de la culture mondiale concentrée en cet endroit extraordinaire.
Nous allons habituellement au hasard de nos pas ou en regardant le plan distribué à l’accueil. C’est ainsi que nous sommes passés par le côté des expositions temporaires.
Nous y avons vu “Le Paradis” du Tintoret que j’ai trouvé intéressant dans la manière d’être peint par groupe de personnages. Mais c’est une oeuvre plutôt sombre et loin d’être “paradisiaque”. Peinte presque en même temps que la Réforme luthérienne, les ors et fastes du baroque ne sont pas encore là pour émerveiller les fidèles de la Très Sainte Religion Catholique.
Plus j’admire les tableaux du XV°-XVI° siècle, plus je suis convaincu que ces peintres sont les précurseurs de l’Art Contemporain : leur manière de peindre, de dessiner, de mettre des couleurs sur leurs tableaux est “révolutionnaire” et ne s’apparente en rien avec un désir de reproduction à l’identique de la réalité. C’est une manière subjective de représenter des scènes religieuses quelquefois dégoulinantes de kitsch mais magnifiquement mises en scène, avec un sens de l’harmonie et de la perspective. L’art est géométrique. Il est triangle, courbe, rectangle. Pourquoi n’y ai-je pas pensé quand je souffrais d’ennui devant mes cours de mathématiques !
C’est vrai que l’initiation à la philosophie m’avait déjà montré que si l’on doute, l’on ne peut douter d’une représentation mathématique de l’espace. A moins de sombrer dans la folie et de refuser la rationalité des nombres. Mais il faut en accepter les concepts, théorèmes et définitions.
L’autre exposition temporaire était celle de la dynastie Blarenberghe. Amateurs de miniatures, de tableaux de batailles, de vues de ports maritimes, allez-y ! C’est magnifique ! Je ne me souviens plus des spécificités de chacun des membres de cette famille, mais ils avaient vraiment beaucoup de talent et bien que la disgrâce royale due à la fidélité au duc de Choiseul ait terni l’image de l’un d’eux à la cour de Versailles, ils restent une référence absolue dans le domaine des miniatures. Petites boîtes à tabac que l’on humait pour s’enivrer, de merveilleux objets sur lesquels l’artiste a réussi à peindre des scènes de genre dans un luxe de détails quasi impossible à déceler sans une loupe très grossissante.
L’artiste est très imprégné de l’art des scènes hollandaises (patineurs à glace, par exemple). Mais il y a aussi la représentation en plusieurs scènes de la prise de la Bastille et de la tête perchée au bout d’une pique d’un illustre personnage dont je ne me souviens pas le nom. Tout cela sur un petit support, souvent une tabatière de quelques centimètres de côtés.
Les vues des champs de batailles sont vraiment très intéressantes historiquement. Ce sont des tableaux très bien documentés où l’on peut reconnaître les positions des soldats lors d’une bataille par exemple. Ici, le roi n’est pas le personnage principal. C’est le terrain et la vue d’ensemble qui en sont l’unique sujet. C’est de l’art de la guerre et de sa stratégie reproduits en peinture.
Enfin, la vue des ports, dont celui de Brest, est représenté par quelques gravures ou dessins et tableaux. L’on y voit ce que Brest devait être au 17ème siècle. Un Rochefort disparu aujourd’hui à cause de la guerre. Cela donne envie de se ruiner pour un petit dessin de bretons au port ou de scènes de marché.
Du bel art pictural qui renseigne sur la vie à cette époque. D’où le nom de l’exposition : les Blarenberghe sont des “reporters” de leur temps. Il mettent en image ce que Dangeau, Saint-Simon, la princesse Palatine ou Louis-Sébastien Mercier, pour ne citer que ceux-là, décrivaient dans leurs lettres ou mémoires.
Pour conclure, le Louvre est immense. A chaque visite je découvre quelque chose de nouveau dans les collections permanentes. Une vie entière ne parviendra pas à me permettre de tout appréhender dans ce monument. Dire que j’ai passé de très longues heures dans les musées de Berlin, Londres et en Turquie et autres lieux français et étrangers en me disant que je n’y retournerai pas assez souvent pour m’en imprégner…

Week-end du 10-12 mars2006

mars 12, 2006

Cela a commencé vendredi soir par un repas chez un bon copain. Nous étions trois. Nous avons dîné puis nous avons vu une bluette allemande (malheureusement en version française) qui m’a beaucoup diverti. Ca s’appelle “Summer Storm”. Sans ambition aucune et vraiment basique mais j’y ai pris du plaisir. Un lien : Summer storm

La journée du samedi s’est passée calmement avec une incursion au BHV bondé par les “6 Jours”. Tout le monde y était et cela m’a découragé d’acheter quelque chose. Pour ne rien arranger, le magasin n’avait pas en stock ce que je voulais. Je verrai une autre fois. J’ai donc fait 100 % d’économie ce jour-là (à noter d’une pierre blanche).
Entre-temps les contacts habituels des sites de rencontres sur internet. Avec de bons copains que j’ai toujours plaisir à croiser pour connaître les dernières nouvelles du front.
Quelques nouveaux m’ont proposé des plans webcam, des rencontres physiques, des promesses de rencontres, etc. Le truc habituel en fait.
J’étais un peu peiné du lapin d’un bruxellois qui a joué l’Arlésienne bien qu’il m’ait contacté deux fois pour connaître mes coordonnées téléphoniques. Ca fait partie du jeu, donc je ne lui en veux pas particulièrement mais cela n’empêche pas d’en être attristé.
Je pensais aller à la Bear Party, mais samedi soir je n’avais pas la grande forme et je suis resté sagement chez moi à m’endormir à moitié sur “Tommy” opéra-rock des Who. C’est très kitsch, mais j’aime le kitsch quelquefois. Et Ken Russell, le réalisateur, est un monument que je porte en très haute estime (voir “les Diables” , c’est magnifique).
J’ai zappé ensuite les chaînes qui ne passaient que des nanars dont un a capté un peu plus mon attention : une beauté blonde qui sème la mort sur son passage et doit rejoindre un homme immortel. Là aussi je me suis plus ou moins endormi.
Ma journée de dimanche a recommencé de plus belle sur internet et les anciens, les nouveaux, les habituels contacts.
J’y ai admiré un “ancien” amant qui est finalement très appétissant et dont ma mémoire avait fait l’impasse. Je me souviens que c’était un bon coup mais la plastique de son corps était lointaine dans ma mémoire.
Enfin j’ai rencontré un très gentil garçon qui m’avait contacté la veille sur internet. Il voulait aller voir l’exposition à la mairie de Paris, mais le dimanche c’est fermé. Je lui ai proposé d’aller au Petit-Palais… et voilà. Nous y sommes allés ensemble et j’en suis content.
Il est doux, agréable et charmant. Nous n’avons pas su comment nous dire au-revoir ou adieu à la fin de la visite, mais j’ai beaucoup aimé sa présence à mes côtés. Je suis timide et je n’aime pas les râteaux.
Enfin, avant de revenir chez moi, je suis allé au Virgin des Champs-Elysées. Bien m’en a pris, le “Don Giovanni” en DVD était moins cher qu’à la Fnac. Et j’ai craqué pour “Punk Attitude” qui me fera toujours penser à mon frère ; heureusement que je l’avais pour me faire connaître autre chose que la musique classique.
Je ferai aussi une petite incursion chez les Placebo dont le concert que j’ai vu hier soir à la télévision m’a bien plu. Une belle voix de chanteur. J’en ai acheté deux albums. Je verrai bien si cela me plaît.
Et pour finir, je viens de remettre pour la deuxième fois d’affilée “La Folia” dirigée par Jordi Savall : c’est l’un de mes airs préférés et cela fait partie de mes drogues douces dont je suis friand. L’air est simple à retenir, espagnolisant mais la diversité qu’en ont fait tous les compositeurs du Portugal, Espagne, Italie, France est un éternel bonheur pour moi. Un peu à l’exemple des Barricades mystérieuses de Couperin qui me remuent toujours profondément.

Petit Palais (Paris)

mars 12, 2006

Deuxième fois que j’y vais en peu de temps. Les deux fois accompagné de charmants garçons.
La première fois avec une tendre rencontre que j’ai vue plusieurs fois et avec laquelle nous avions visité quelques musées et monuments (le Musée Cernuschi, Versailles), la deuxième fois avec un garçon rencontré sur un autre site est celle d’aujourd’hui.
Le fonds du musée du Petit Palais est très riche : de l’antiquité à la période du début 20ème siècle. De beaux tableaux (scènes de vie parisienne, nu sapphique d’une très grande élégance), vases de Sèvres, de Gallé, une Femme au Singe étonnante, la plus grande collection publique d’icônes en France, des objets en ivoire d’une extrême minutie et donc d’une très grande maîtrise, trois salles en enfilade lambrissées où se trouvent quelques meubles XVIIIè s. , des tableaux de diverses périodes flamande à impressionniste et quelques objets ou statues antiques.
La visite est gratuite et cela vaut le déplacement. A ne pas manquer.

Considérations sans queue ni tête.

mars 12, 2006

Article écrit entre le 12 et le 19mars2006

“Gladiator” de Ridley Scott.
Dimanche soir j’ai vu une nouvelle fois le “Gladiator” de Ridley Scott. En 2000, j’avais trouvé ça ennuyeux et après m’être endormi dans la salle de cinéma, j’étais parti en plein film car je le trouvais lourd et poussif (la même opinion pour l’ “Alexandre” pitoyable de O. Stone).
A cette deuxième vision, je suis moins catégorique. Il y a quelques scènes qui méritent l’attention ; les combats dans l’arène en l’occurrence sont très intéressants et bien tournés.
En revanche, les passages de “lévitations” à la “Rumble Fish/Rusty James (F F Coppola) du héros, ainsi que l’arrivée aux Champs-Elysées où Russell Crowe caresse les blés (plan digne d’une publicité pour Monsanto ou d’un clip de Mylène Farmer), sont niais et veulent être des clin-d’oeils à d’autres films américains dont Scott aurait pu se passer pour légitimer son oeuvre, voulant peut-être se donner une généalogie cinématographique.
La qualité de la reconstitution virtuelle de Rome est très laide et ne vaut pas le carton-pâte de Cléopâtre et Ben Hur qui donnaient un sentiment de réel que je ne retrouve pas dans la technologie de pointe d’aujourd’hui.
Russell Crowe érotise le film à lui seul et je lui en suis gré ; c’est un très beau mâle dans la lignée des héros de péplums d’antan.

“Johnny s’en va t’en Guerre”.
La même soirée, “Johnny s’en va t’en Guerre” est repassé. J’aime beaucoup ce film par son minimalisme et le message qu’il laisse derrière lui. Ce pauvre homme-moignon que l’on drogue afin qu’il ne puisse pas montrer ce que la guerre a d’immonde une fois les dégâts physiques causés. Cette infirmière dévouée qui sacrifie son corps et un peu son coeur à ce type qu’elle prend en affection et pitié. Ce désir de communiquer avec l’entourage en utilisant le code Morse, mais qui sera compris comme une menace pour le contre-exemple que cela donnerait à la chair à canon, si cette volonté de dire l’horreur d’être un légume-pensant est ébruitée par les médias.
En voix-off, le mutilé s’exprime. Mais il est impuissant. Il crèvera progressivement, car on ne veut pas le faire mourir tout de suite. Mais il crèvera en silence ; c’est tout ce que l’armée et la nation lui demande.

Sélection pour l’Eurovision 2006.
Il y a vraiment des garçons qui ont de belles gueules, de beaux yeux et de belles voix. Pour le côté sexy de l’émission, ça valait le coup. En revanche, je suis triste à chaque fois, d’entendre ces duos/trios/quatuors/quintette… de voix qui ne se marient pas ensemble et qui chantent de la variété battue/rebattue et qui passe à longueur de temps dans les Star Academy, A la Recherche de la Nouvelle Star et autre… on ne peut pas les laisser seuls pour une ou deux chansons et nous laisser entendre leurs capacités interprétatives.
Je ne regarderai de toute façon pas l’Eurovision ou peut-être par hasard, comme l’année ou Fogiel et Dave s’étaient déchaînés à l’antenne pour mon grand plaisir.

“Les Femmes s’en balancent”.
Je connaissais le nom de Lemmy Caution et je n’ai aucune idée de la façon dont il est resté dans ma mémoire. Toujours est-il que j’ai vu ce nanard, car vraiment s’en était un. Mais à la vue de l’une des actrices (Nadia Gray ??), mon sang n’a fait qu’un tour : une blonde extraordinairement pulpeuse avec des décolletés à faire douter un prêtre et des tenues où l’épilation du maillot devait être absolument nécessaire. Ca m’a diverti et beaucoup amusé. Mais l’intrigue était vraiment très-très série Z.

“Irma la Douce”.
Billy Wilder a reconstitué Paris. Un Paris de pacotille mais enfin il parle crûment de la prostitution. Le film est très drôle car les acteurs sont brillants (Jack Lemmon et Shirley MacLaine). La scène du panier à salade où le “flic” embarque les “putes” dans la fourgonnette est merveilleuse de comique. Ainsi que la scène de bagarre avec le “mac” d’Irma que ce gringalet de Nestor va mettre à terre grâce à une boule de billard. C’est drôle et en même temps très sérieux. Comment garder une femme à soi sans le lui dire. Risquer de la perdre car l’on travaille comme un forçat pour la séduire sous les apparences d’un lord anglais richissime. Toujours surpris de la liberté de ton du cinéma d’antan (1963). Evidemment, Billy Wilder connaissait bien “l’Ange bleu” et le ton y était, bien avant son film, très libertin et sans fards. Mais j’ai le sentiment que la production hollywoodienne devient si pudibonde de nos jours que cela me fait du bien de voir ce qu’elle a produit auparavant. A choisir entre ce film et “Amélie Poulain”, il n’y a pas de doute, c’est le plus ancien que j’apprécie pour la peinture d’un Paris inventé par le cinéma. Il est bien plus réaliste et honnête.

Truman Capote (2005) Bennett Miller

mars 8, 2006

Titre du film en américain : ” Capote ” (prononcer Capoti).
Impression d’ensemble : bof.
Les acteurs sont bons, c’est indéniable. Avec tous les tics des écoles de cinéma américain : humour, savoir pleurer, savoir avoir honte, etc.
Le film tient en haleine le spectateur jusqu’au trois quart, car l’on veut connaître le mobile du crime. Mais c’est long, lent, poussif.
Tout est propre, même la campagne. Tout est austère à l’excès comme dans une bonne famille de chrétiens méthodistes.
On dirait que l’on a fait le ménage en grand avant de tourner les scènes : il n’y a aucune vie, aucune chaleur, aucune étincelle.
Les meurtriers sont très beaux et excitants. Plein de tatouages sur le corps. En cela on rejoint les beaux mecs de Brokeback Mountain.
Esthétiquement c’est parfait. Le scénario ferait un bon 45mn mais pas 1h50 de remplissage pour faire partie des films oscarisables.
Il ne laissera aucune trace dans l’histoire du cinéma mondial. Dans un mois je l’aurai oublié.
Tous les seconds rôles sont très beaux/bons (la fidèle amie, le compagnon de Capote, le flic et sa femme, les meurtriers). C’est une belle vitrine de ce que pourrait offrir le prochain réalisateur à ces bons acteurs.

(Ajout du 02avril2006) J’ai vu le ” De Sang-froid ” de Richard Brooks (1967). Très beau film noir et blanc. A voir absolument pour comparer avec ” Truman Capote “.

The Barber (2001) Joel et Ethan Coen

mars 7, 2006

J’ai vu ce film hier soir. Un petit bijou sans prétention, drôle, grinçant. Les acteurs ne sont pas des stars du grand écran mais ils ont une présence lumineuse.
J’ai un coffret avec deux versions : une couleur (que j’ai vue) et une noir et blanc. La photo est si belle que les deux versions doivent se valoir.
Frances McDormand a des jambes magnifiques.
Du très bon cinéma américain auquel m’ont habitué ces frères géniaux.
Ce film est moins drôle que ” Fargo ” ou ” The big Lebowski ” mais cela n’ôte rien du plaisir d’être en sa compagnie pendant 1h52.
Prix de la mise en scène à Cannes. Ce prix n’est pas volé.
En pensant aux derniers prix des Césars et des Oscars de cette année, je pense décidément que Cannes restera ma référence pour les films récompensés.

Splendeur de la Cour de Saxe à Versailles

mars 7, 2006

Très belle exposition avec des objets brillant de tous leurs feux.
Une très intéressante obélisque (Obeliscus Augustalis) qui a coûté le prix d’un château baroque.
Un diamant acheté pour le prix de deux tonnes d’or.
Cela fait rêver et montre l’exemple de la Cour de Versailles que l’Europe voulait égaler.
La Voûte verte (Grünes Gewölbe) du château de la Résidence en re-construction doit réserver d’autres merveilles. La scénographie s’en inspire d’ailleurs très agréablement.
Ma préférence va à un justaucorps d’homme (habit du couronnement d’Auguste le Fort) d’une minutie de broderie qui m’a vraiment beaucoup impressionné. Combien de mois sur cette pièce vestimentaire magnifique !

Le Soleil (2005) Aleksandr Sokurov

mars 4, 2006

Un réalisateur russe raconte la fin de l’Empire japonais. Les derniers jours de la présence divine de Hiro Hito avant qu’il ne devienne un homme comme tout le monde. L’histoire met en scène des américains et des japonais ; c’est d’autant plus intéressant. On peut parler de neutralité entre les protagonistes et le créateur du film.
La profonde déférence qui sied à une cours impériale contraste avec ces soldats américains qui s’amusent comment des enfants : ils jouent avec un échassier dans le parc de la bibliothèque-bunker où se trouve Hiro-Hito (le lieu est beaucoup plus calme que l’autre bunker de Berlin), ils photographient l’empereur dans son jardin derrière un massif de fleurs. Ils ne sont pas immédiatement certains que le personnage devant eux est un être divin qu’il faut vénérer.
Ce film est plein d’humour. Un merveilleux humour fait de finesse : le chocolat apporté par les Américains, le verre de cognac bu d’un trait, le chapeau de l’impératrice que l’on ne parvient pas à enlever, la ressemblance de Hiro Hito avec Charlie Chaplin et beaucoup d’autres choses plus subtiles les unes que les autres.
Encore un mythe vivant et un initiateur de catastrophe mondiale qui trouve ici son mea culpa. Bien que Hiro Hito, ainsi qu’il le dit, n’est pas responsable de Pearl Habour et le général Mac Arthur n’est pas non plus responsable de Hiroshima-Nagasaki, il y a quand même maldonne.
C’est en son nom, en son honneur que la Chine, puis l’Asie ont été mises à sac et sous le joug d’une dictature impériale loin d’être clémente avec les populations autochtones.
J’ai le sentiment que nous allons bientôt voir des films où Staline et Mussolini nous serons présentés eux aussi comme ayant des circonstances atténuantes.
Je veux bien croire que la personne qui commande est si loin du champ de bataille, qu’elle ne se rend pas compte de l’atrocité de ses guerres et qu’elle n’est donc pas l’horrible personnage que l’on croit. Mais c’est en son nom que les subordonnés créent des atrocités.
Même si Hiro Hito fut un homme ” civilisé ” , plein de bonnes manières et d’une culture scientifique peut-être incontestable, c’est sous son couvert qu’a eu lieu la guerre japonaise. L’empereur n’a pas rencontré Hitler en personne mais cela ne l’a pas empêché de faire de son pays le partenaire de l’Axe.
Du point de vue esthétique, le film est magnifique. Il y a un vrai caméraman. Je retrouve la très belle photographie de “Moloch” et de “Père Et Fils”. Les cadres sont superbes. Le filtre de la caméra plonge le film dans une atmosphère étrange dans laquelle aucune faute de couleur ne jure.
C’est un film à déguster mais à réserver aux adeptes de films esthétisants.

(Ajout du 07mar2006 – un visiteur m’a envoyé le lien suivant)

Les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven

mars 4, 2006

Beethoven. Le préféré de mon enfance. On l’entend si peu ou de moins en moins. Et avec cet anniversaire de Mozart nous allons encore plus l’oublier.
J’écoute ce merveilleux bijou des sonates op 5 op 69 et op 102.
Ca coule de source, l’enregistrement est d’une clarté extraordinaire (Pierre Fournier, Friedrich Gulda).
C’est enjoué et l’on entend ce dialogue entre le piano et le violoncelle qui finissent leur jeu à l’unisson à la fin de chaque pièce.
A propos de l’une de ces oeuvres, un lien à voir :

SONATE N°1 EN FA MAJEUR, opus 5 N 01

J’imagine un salon début 19ème siècle avec café, chocolat, dames et messieurs… un après-midi en musique de chambre.